​Eurostar réclame des aides publiques pour survivre

18/03/2021 AFP

Dans la tourmente, Eurostar a perdu 95 % de ses passagers en un an. Le PDG de la SNCF, qui détient 55 % de la compagnie, exhorte les gouvernements français et britannique à lui apporter leur soutien financier.

La situation de la compagnie transmanche Eurostar sera "très difficile fin mai et début juin", a prévenu Jean-Pierre Farandou le PDG de la SNCF, qui juge nécessaire un soutien de la France et du Royaume-Uni d'ici avril. "Nous nous approchons du moment où Eurostar va avoir de réels problèmes de trésorerie", a-t-il expliqué.

Les actionnaires de la compagnie transmanche – la SNCF, le consortium Patina Rail, composé pour 30 % de la Caisse de dépôt et placement du Québec et pour 10 % du fonds britannique Hermes Infrastructure, et la SNCB – ont déjà apporté 210 millions d'euros. "D'ici le mois prochain, il nous faut terminer ces discussions" pour obtenir des prêts des deux gouvernements. "Nous espérons que cela va être une affaire de semaines et pas de mois", a insisté le patron de la SNCF.

"La catastrophe est possible"

Le directeur général d'Eurostar, Jacques Damas, avait déclaré il y a quelques semaines que "la catastrophe est possible". La compagnie, qui a perdu 95 % de ses passagers depuis un an, a parallèlement tout fait pour réduire ses coûts et a emprunté 450 millions d'euros, selon le dirigeant.

Eurostar voudrait bénéficier de prêts garantis ainsi que d'une réduction temporaire sur les péages pour faire circuler ses trains. Mais la compagnie souffre d'être perçue au Royaume-Uni comme une entreprise publique française, tandis qu'elle est considérée en France comme une compagnie britannique puisqu'elle est basée à Londres. De ce fait, elle n'a pas eu droit à des aides directes ou à des prêts garantis par les États.