​Haropa : la fusion des ports de l’axe Seine soulève des inquiétudes

30/10/2020 Natalie Castetz

Le siège d'Haropa sera situé au Havre. Et son directeur sera le directeur actuel du port de Dunkerque, Stéphane Raison. À Rouen, ces décisions ont soulevé un vent de contestation. À peine ont-elles été annoncées par le ministère de la Transition écologique que l’Union portuaire rouennaise (UPR) déplorait un manque d’informations "au sujet de la gouvernance, de son organisation et de ses objectifs". L’UPR craint que Rouen ne soit "l’oubliée de cette fusion", selon son directeur Thomas Courtier qui réclame que les collectivités et les entrepreneurs locaux, en particulier les unions portuaires, soient intégrés dans "une gouvernance innovante, réactive et souple".
 
Le choix du Havre comme siège du futur établissement public fait tanguer la place portuaire rouennaise. Bien que le gouvernement ait nommé une personnalité extérieure aux trois ports, l’UPR réclame "un équilibre institutionnel en confiant la présidence du futur établissement à une personnalité rouennaise". L’UPR veut aussi un "plan stratégique plus ambitieux se traduisant par des investissements massifs dans les infrastructures portuaires rouennaises". Ces inquiétudes ont été aussitôt relayées par le maire de Rouen et président de Métropole Rouen Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol. Informé "par voie de presse" des décisions du gouvernement, il a vertement répliqué en reprenant les demandes de l’UPR : "La présidence du futur établissement doit revenir à un Rouennais", les emplois doivent être "préservés, confortés et développés sur le site rouennais". Et pour "échanger sur cet enjeu stratégique", il souhaite une réunion avec le Premier ministre, les ministres concernés et les maires du Havre, de Rouen et de Paris.
 
En revanche, la voix se fait unanime sur l’axe Seine pour réclamer la participation des entreprises du secteur privé à la future gouvernance. La fédération SeinePort Union (SPU) qui regroupe depuis 2016 toutes les unions portuaires de l’axe Seine, avait alerté députés et sénateurs : "Les entreprises que nous représentons, investisseurs dans nos ports, ne sont pas sollicitées par l’État pour intégrer la gouvernance. Comment imaginer un port entreprenant sans ses entrepreneurs ?" Pour la SPU, ce sont "les grandes oubliées". Et de mettre l'État en garde : "Il ne faudrait pas que la France manque une nouvelle fois son rendez-vous avec sa politique maritime et portuaire !"