​Rhin : l’Allemagne se mobilise contre les basses eaux

Le gouvernement fédéral allemand a élaboré un plan pour faire face aux conséquences pour la navigation des faibles niveaux du Rhin, mieux que l’an dernier. Les principes devront à présent se concrétiser en textes à force juridique.

Le gouvernement allemand a décidé de prendre à bras-le-corps le sujet des basses eaux du Rhin. Le ministre des Transports, Andreas Scheuer, a présenté cet été les contours d’un plan en huit points. "Pour que la situation du second semestre 2018 ne se reproduise plus", a-t-il expliqué. L’État allemand ne va pas jusqu’à prétendre contrecarrer les forces de la nature, mais au moins souhaite-t-il agir sur les infrastructures et contribuer à fluidifier la circulation des informations entre les acteurs, dont l’insuffisance a constitué un facteur aggravant l’an dernier.

"Pour que la situation du second semestre 2018 ne se reproduise plus"

Les mesures consistent à améliorer les prévisions de niveau d’eau à court et moyen terme, à regrouper dans un système d’information commun les données des différents services météo et fluviaux, à faciliter l’accès aux informations en temps réel aux opérateurs sous forme de cartes numériques de la navigation intérieure, à revoir l’organisation pour la réaction aux situations de crise, à promouvoir la construction de bateaux mieux adaptés à la faible hydraulicité, à augmenter les capacités de stockage bord à eau lorsque les barges doivent rester à quai, et à accélérer les procédures pour la réalisation de projets inscrits au schéma national directeur des transports 2030.
 
Accélérer les projets d’approfondissement

Ce point se réfère à deux approfondissements du Rhin programmés dans ce document-cadre,  d’une part de 30 centimètres (pour arriver à 2,80 ou 2,70 mètres selon le cas ) en aval entre Duisbourg et Dormagen, d’autre part de 20 cm (pour atteindre 2,1 mètres) sur le Rhin moyen entre Sankt Goar et Wiesbaden. Le plan Scheuer permettra-t-il la réalisation des travaux, respectivement chiffrés à 200 et 60 millions d’euros, avant l’échéance normalement prévue de 2030 ? "Nous l’espérons, mais il faut à présent attendre les dispositions réglementaires qui donneront corps à cette volonté de principe d’une accélération", réagit auprès de "L’Antenne" la fédération allemande de la navigation intérieure (BDB, Bundesverband der deutschen Binnenschifffahrt). Celle-ci se félicite en tout cas de la réactivité des autorités et de la prise de conscience d’un enjeu économique et environnemental d’envergure nationale pour l’Allemagne. Le ministre des Transports était d’ailleurs accompagné, lors de sa visite de terrain cet été, par les patrons du groupe chimique BASF qui évalue en centaines de millions d’euros l’impact des problèmes de navigation sur ses comptes 2018.