2020 : le port de Rotterdam également affecté par la crise sanitaire

19/02/2021 Vincent Calabrèse

Le port de Rotterdam a traversé une année sévère. Il estime pourtant que la moindre baisse de son activité au second semestre lui a permis de limiter les dégâts. L'autorité portuaire néerlandaise a indiqué que ce recul ne compromettrait pas ses investissements.

Rotterdam n'a pas été épargné par la crise sanitaire. À 436,8 millions de tonnes, il a perdu 6,9 % de son volume d'activité global par rapport à 2019. Mais il dit toutefois avoir conservé sa première place en Europe. Au cours du premier semestre, à 9,1 %, la chute s'annonçait plus rude. Mais elle ne s'est élevée qu'à 4,6 % au cours de la seconde partie de l'année, explique l'autorité portuaire néerlandaise. Selon celle-ci, la récession due au coronavirus est à l'origine de cette tendance. Alors que le conteneur n'a été que faiblement touché et que les vracs agricoles et la biomasse ont connu une progression, ce sont les vracs solides qui ont été les plus affectés.

À 63,8 millions de tonnes, cette filière a reculé de 14,3 % pour s'établir à 63,8 Mt, contre 74,5 Mt en 2019. Le minerai de fer et la ferraille ont chuté de 24,5 %, à 22,6 Mt. Le charbon, quant à lui, perdu 22,8 %, à 17,3 Mt (soit environ 5 Mt de moins que l'année d'avant). Les vracs agricoles (+ 4,8 %) et les vracs divers (+ 10,6 %) ont limité les dégâts mais ne sont pas arrivés à compenser la tendance globale des vracs solides.

Le pétrole brut a pesé sur les vracs liquides

Les vracs liquides, à 192 Mt, ont perdu 9,1 % de leur volume annuel en raison notamment de la baisse de 10 % du pétrole brut (93,5 Mt au lieu des 104,2 Mt de 2019). La direction du port néerlandais explique que la demande en matière de produits pétroliers s'est montrée moins forte en 2020. Elle cite l'exemple de la chute du késosène avec des compagnies aériennes se montrant beaucoup moins gourmandes en carburant en raison de la crise. Les raffineries ont donc adapté leur production au marché en produisant moins que d'habitude. Rappelant que Rotterdam reste le premier port d'Europe pour l'avitaillement des navires, les dirigeants du port néerlandais indiquent qu'un éventail plus large de produits ayant pu être fourni aux armateurs, le volume total destiné au soutage a augmenté.

Conteneur et ro-ro en baisse

Dans le conteneur, contrairement à Anvers qui a connu une hausse, le port néerlandais, à 14,35 millions d'EVP (contre presque 15 M EVP en 2019), a vu son trafic baisser de 3,2 %. L'autorité portuaire estime qu'il a souffert tout d'abord du confinement en Chine en début d'année, puis à la propagation du virus en Europe et dans le reste du monde. Un phénomène qui s'est traduit par la fermeture de certains services de ligne régulière. Mais la direction du port souligne l'amélioration constatée après l'été. À 76,4 Mt, contre 75,7 Mt, le trafic conteneurisé s'est avéré d'ailleurs supérieur au second semestre de l'année par rapport aux six derniers mois de 2019, précise-t-il.

"Le charbon et les minerais de fer ont plombé les vracs solides"

En matière de transport roulier, le premier port d'Europe a vu ses volumes baisser de 1,2 % également, à presque 24.000 t. Il observe qu'après une forte diminution enregistrée au cours des deuxième et troisième trimestres en raison de la crise sanitaire, une reprise est survenue dès septembre. Il attribue cette relance au stockage opéré à cette période par des professionnels en perspective du Brexit, certains d'entre eux redoutant une rupture de la chaîne d'approvisionnement pour les véhicules.

En 2020, en dépit de la crise, le port de Rotterdam a dégagé de meilleurs résultats financiers qu'en 2019, se félicite Allard Castelein, son directeur général. Pourtant, les revenus provenant des droits de port se sont montrés inférieurs à ceux de 2019 en raison de la pandémie. Mais les dépenses opérationnelles se sont avérées moins importantes que celles prévues dans le budget initial. Le résultat opérationnel s'est établi par conséquent à 477,5 millions d'euros, contre 433,4 M EUR en 2019.
L'autorité portuaire indique que les résultats financiers lui ont permis de maintenir l'an dernier ses investissements en matière d'infrastructures. Le montant global pour l'année s'est élevé à 265,8 M EUR.