75 % du trafic au départ ou à destination d’une ITE

Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, le Cerema, a lancé une enquête sur les installations terminales embranchées. Destinée à enrichir une base de données en ligne, elle confirme leur importance dans le fret ferroviaire et leur potentiel dans le cadre de la politique de relance actuelle du mode.

Depuis l’an passé, les gestionnaires d’installations terminales embranchées (ITE) sont éligibles à des aides financières. Sous la forme de subventions non remboursables, ce régime validé par la Commission européenne et doté d’un budget de 60 millions d’euros soutient la construction, la rénovation, l’extension ou la remise en service d’ITE privées destinées au transport de fret. Défendue par les chargeurs, sa mise en place coïncide avec le lancement par le Cerema d’une étude recensant et évaluant l’état de ces outils en France. Appelés à enrichir une base de données disponible d’ici mai prochain sur le site du Centre de recherche, ses premiers résultats ont été présentés le 28 mars lors de la SITL. Ils confirment "le rôle essentiel de ces installations dans les chaînes logistiques ferroviaires", déclare Alexis Vernier, ingénieur chargé de l’enquête.

Une activité concentrée

En ligne avec les statistiques de SNCF Réseau, "les ITE sont au départ ou à destination de 75 à 80 % du fret ferroviaire français". À la différence du gestionnaire d’infrastructures ferrées qui ne recense que 1.153 ITE en France, le Cerema en dénombre 2.800, son périmètre intégrant les sous-installations présentes, par exemple, dans les zones portuaires et industrielles.

"Un tiers des ITE est utilisé et deux tiers sont sans trafic"

Sur les 2.800 ITE recensées par le Centre d’études, 85 % sont d’ores et déjà renseignées dans sa future base de données. "Un tiers est utilisé et deux tiers sont sans trafic", indique Alexis Vernier. "Les ITE en fonctionnement traitent des trains entiers à 62 %, des wagons isolés à 23 % et un trafic mix à 15 %. Quant aux ITE sans trafic, 21 % sont dans un bon état, 40 % dans un mauvais état et autant sont déclarées inutilisables par leurs propriétaires". Si 32 installations concentrent autant de trafic que les 812 autres ITE en fonctionnement, les fréquences de circulation demeurent globalement élevées : "71 % des ITE traitent au moins un train par semaine et 27 % au moins un train par jour".

Données portuaires et régionales

Parmi les plus importants sites pourvoyeurs de fret, l’étude identifie les zones portuaires. Pour chacune, la base de données du Cerema fournira son nombre d’ITE et sous-installations avec leurs caractéristiques techniques, les types de marchandises reçues et émises et le tonnage global consolidé. Sur ce principe, le Grand port maritime de Rouen par exemple compte aujourd’hui 32 ITE pour un trafic de 1,6 million de tonnes. Des approches régionales seront également disponibles. Achevé par exemple, le recensement en Île-de-France y relève 157 ITE pour un tonnage de 4,7 millions de tonnes.