À Lyon, la fin de l’anneau des sciences fait grincer les dents de transporteurs

Après des allers-retours durant trois décennies, le projet d’Anneau des sciences, devant permettre de boucler le périphérique lyonnais à l’Ouest, a finalement été abandonné par son premier promoteur, Gérard Collomb.

C’est un abandon qui sonne comme un enterrement. Projet phare dans la campagne métropolitaine lyonnaise, où s’écharpaient les oppositions politiques, le projet d’Anneau des sciences a été lâché par son créateur et promoteur, Gérard Collomb, durant le confinement.
Par communiqué, l’ancien ministre a expliqué que "celui-ci ne pouvait plus être une réalisation envisageable en l’état, même si ses finalités demeurent pertinentes".
Profitant de la crise du Covid-19, le maire de Lyon et ses alliés ont ainsi lâché ce projet d’autoroute urbaine de 15 km, avec 13 km souterrains. Seul, l’élu avait perdu presque tous ses soutiens sur ce projet au coût exact inconnu, mais évalué à plus de 3 milliards d’euros.

"Des infrastructures plus adaptées à l'évolution du trafic"

Pour Jacques Sorlin, délégué régional de la FNTR, cette décision n’est : "Pas sérieuse. On a des infrastructures routières qui ne sont plus adaptées à l'évolution du trafic. Si on veut que la circulation se fasse dans de bonnes conditions, il va falloir prendre des mesures".
Saturés, les axes ont déjà du mal à accueillir les poids lourds en ville. "Si ça continue, nos conducteurs ne voudront plus y aller, souffle-t-il. On nous disait toujours : "L’anneau des sciences va régler ce problème", sauf que maintenant on n'a plus rien".

La régulation avant les infrastructures

De son côté, TLF se montre plus mesuré. "On a quand même des infrastructures. Aujourd’hui, on prêche pour plus de régulation", commente Jean-Christian Vialelles, délégué régional. Pour lui, une solution, à l’allemande, en faisant rouler les camions sur la voie de droite resterait intéressante pour réguler le trafic.
Du côté de la FNTR, on s’attache à montrer que les poids lourds ne sont pas les premiers responsables de la pollution et des bouchons. S’appuyant sur le livre vert de la fédération professionnelle, Jacques Sorlin rappelle que les camions sont responsables, au final, de peu d'émissions de CO2 (1,1 % des émissions de particules très fines, les plus dangereuses pour la santé).
Autrement dit, pour éviter que les axes routiers soient saturés, il va falloir regarder du côté du transport de passagers, plutôt que celui de marchandises.