ADP : le Scara dénonce "une manipulation grossière"
En réaction au dossier public de consultation (DPC) publié le 2 avril par ADP dans le cadre de la préparation de son Contrat de "régulation économique 2021-2025 (CRE4) avec l'État, le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara) monte au créneau. Il reproche à la société aéroportuaire d'être "passée en force" alors que les compagnies aériennes n'ont eu de cesse de "réclamer un véritable dialogue pour une meilleure prise en compte de leurs besoins".
Une concertation qu'ADP a semblé, selon lui, "refuser par tous les moyens, y compris par une information incomplète accompagnée d'une communication qui tente de donner une lecture erronée de la réalité des augmentations de tarifs imposées aux compagnies aériennes".
Toujours selon le syndicat, "le DPC présenté se fonde sur des hypothèses non validées, qui conduisent de surcroît à de nouvelles augmentations tarifaires, tout aussi injustifiées, si ce n'est pour venir encore grossir les profits d'ADP déjà particulièrement élevés et en croissance permanent de près de 30 % chaque année".
Il accuse le groupe aéroportuaire de préférer à ce titre qu'avec un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards d'euros, dont 1,32 milliard de redevances aéronautiques, ADP enregistre un très gros Ebitda de près de 1,30 milliard d'euros (soit 43 % du chiffre d'affaires) et un résultat net de 542 millions (soit 18 % du chiffre d'affaires).
L'organisation syndicale juge que, dans son dossier public de consultation, "ADP estime la hausse du trafic aérien à 2,6 % par an sur la période 2021-2025, sans apporter aucune précision quant au mode de calcul de cette prévision ni sans en avoir discuté avec les compagnies aériennes ; sans indiquer notamment l'impact potentiel à la baisse de la fréquentation des grands hubs internationaux par les avions de nouvelle génération de type monocouloir à long rayon d'action".
Quant aux tarifs à venir et dans le cadre du prochain contrat de régulation économique 2021-2025, pour le Scara, "ADP qualifie de modération tarifaire réelle sa proposition d'une évolution de 1,35 % en plus de l'inflation, alors qu'après des années de hausses extravagantes au regard de l'inflation et des tarifs passagers, les compagnies aériennes s'attendaient légitimement à des baisses de tarifs importantes".
Le Scara regroupe 40 % des compagnies aériennes françaises, basées en métropole et dans les territoires ultramarins ainsi que des sociétés d'assistance aéroportuaire et de formation.