Abidjan : le coup de frein de la crise sanitaire

En Côte d'Ivoire, le port d'Abidjan reste actif en dépit de la crise sanitaire. Mais le covid-19 risque de donner un coup de frein à la croissance de son terminal conteneurs.


Le "MSC Katyayni", un porte-conteneurs du numéro 2 mondial de la ligne régulière, lève l'ancre en direction de l'Europe du Nord (Le Havre, Anvers), avec ses 1.100 conteneurs de coton et de noix de cajou à bord. Au port d'Abidjan, le trafic se maintient malgré la crise du coronavirus.
"L'activité ne s'est jamais arrêtée pour la bonne et simple raison que les bateaux continuaient à arriver tous les jours. Les trois premiers mois de 2020 n'ont quasiment pas été affectés par le Covid-19. À fin mars, Abidjan Terminal a traité 174.425 conteneurs, en hausse de 6 % par rapport à l'année 2019 sur la même période", explique Asta Rosa Cissé, directrice d'Abidjan-terminal, une installation exploitée par le groupe français Bolloré.
Depuis, "il a fallu continuer à alimenter le marché ivoirien avec les produits de première nécessité, les produits pharmaceutiques et sanitaires" notamment, précise-t-elle.
"Notre rôle a été déterminant pour que la crise sanitaire ne se transforme pas en crise sociale et économique", se félicite la dirigeante dont la structure a également "travaillé nuit et jour pour approvisionner l'hinterland. "Le train des marchandises ne s'est jamais arrêté", souligne-t-elle.
Le port d'Abidjan, un des principaux d'Afrique de l'ouest, joue son rôle de poumon économique de la Côte d'Ivoire, assurant 90 % de ses échanges extérieurs. Car il est aussi la porte d'entrée pour l'approvisionnent du Mali, du Niger et du Burkina Faso, les pays enclavés de l'Afrique occidentale.
Outre le terminal à conteneurs, le port ivoirien dispose de quais minéralier, fruitier, et roulier.

Baisse de trafic de 15 % prévue pour avril et mai

Mais à Abidjan on prévoit toutefois pour les mois d'avril et de mai une baisse d'activité de 15 % par rapport à 2019 pour le terminal conteneurs en raison du Covid-19.
Le port ouest-africain attribue ce recul à la chute de 36,5 % des exportations de noix de cajou, fortement impactée par la fermeture des frontières en pleine récolte, et les mesures de confinement chez les grands pays clients comme l'Inde.
La crise sanitaire a freiné la progression régulière de 12 % par an du terminal d'Abidjan sur lequel quelque 600.000 conteneurs sont traités par an. Une croissance dopée par les produits agricoles (cacao, banane, hévéa, coton, mangue, papaye, coprah, noix de cajou), ainsi que les grands travaux d'infrastructure réalisés en Côte d'Ivoire.
Sur l'ensemble de l'année 2020, le trafic devrait baisser à cause de l'épidémie, après avoir dépassé les 25 millions de tonnes pour la première fois en 2019, estime le directeur du port Hien Sié. L'objectif d'une croissance jusqu'à 26 millions de tonnes en 2020 ne devrait donc pas être atteint.