Aéroport Bâle-Mulhouse : le fret grippé en 2018

Le trafic marchandises a diminué de près de 2 % l'an dernier sur la plateforme franco-suisse Bâle-Mulhouse, par le fait du cargo principalement.

Un cycle de quatre ans de progression plus ou moins importante du fret a pris fin l’an dernier à l’EuroAirport. L’aéroport de Bâle-Mulhouse a enregistré un recul de 1,9 %, aboutissant à 110.130 tonnes transportées. Les incertitudes économiques internationales ont pesé sur cette activité pour la tirer vers une baisse qui reste contenue. S’y ajoute un facteur spécifique : l’arrêt du service régulier d’Emirates SkyCargo dès janvier 2018. La compagnie assurait une liaison par semaine avec Dubaï. Les vols charter de fret ont également diminué, concernant notamment des transports de cigarettes.
Cette conjonction a pénalisé le trafic cargo : il accuse un recul de près de 10 %, avec un total à 15.710 tonnes. L’express aérien, en revanche, a légèrement progressé de 0,5 % (47.100 tonnes). Il a bénéficié, à l’inverse, d’une offre supplémentaire, à savoir le nouveau centre de tri de DHL. Inauguré en juillet, il a représenté un investissement de 20 millions d’euros et constitue "un équipement très moderne", relève Matthias Suhr, le directeur de l’EuroAirport. Quant au fret camionné, il a diminué de 1,3 % pour représenter 47.320 tonnes l’an dernier.
La plateforme garde confiance quant au développement de long terme de son fret aérien. Le terminal cargo ouvert depuis quatre ans en constitue le pilier de plus en plus reconnu pour la logistique pharmaceutique. Pour cette infrastructure, l’EuroAirport a reçu officiellement en novembre dernier la certification Iata CEIV Pharma. "Celle-ci garantit notre haute qualité standard et peu d’aéroports peuvent s’en prévaloir", souligne Matthias Suhr.

Un record, mais le Brexit en question

À court terme par contre, la relance n’est pas attendue. "Si nous stabilisons le fret en 2019 à son niveau de l’an dernier, nous en serons déjà heureux", déclare le directeur de l’aéroport. L’environnement économique reste jalonné de points d’interrogation, dont le plus important pour l’EuroAirport est la forme que prendra le Brexit. L’enjeu vaut plus encore pour le trafic voyageurs : Londres constitue de loin la première destination, avec 735.000 passagers l’an dernier. "On voit ce qu’un Brexit dur peut impliquer potentiellement pour nous", prévient Matthias Suhr.

"Le terminal cargo : un pilier pour la logistique pharmaceutique"

Le transport depuis et vers la capitale britannique a d’ailleurs stagné dès l’an dernier alors qu’au total, l’aéroport a enregistré une progression conséquente de près de 9 % qui le propulse à un nouveau record historique de 8,6 millions de passagers.
Ses deux principaux projets d’infrastructure devraient avancer cette année. D’une part, pour son raccordement ferroviaire chiffré à 250 millions d’euros, il espère un accord en 2019 sur le financement entre partenaires français, suisses et allemands. D’autre part, l’extension du terminal, qu’il pilote (250 millions d’euros également), devrait connaître en fin d’année l’identité de son architecte. Les 30.000 m2 programmés, soit un agrandissement de 30 %, doivent dimensionner l’aéroport pour accueillir entre 12 et 15 millions de passagers au milieu des années 2020.