Alstom achète Bombardier Transport

30/10/2020 AFP

Les actionnaires d'Alstom ont donné leur feu vert le 29 octobre à l'acquisition du canadien Bombardier Transport, prévue pour le premier trimestre 2021.

"Il s'agit non pas de changer de stratégie, mais de l'accélérer", a insisté Henri Poupart-Lafarge, le PDG d'Alstom, en ouverture de l'assemblée générale extraordinaire en vidéoconférence du 29 octobre. "Nous aurons une taille critique sur chacun des pays importants à travers tous les continents". C'est-à-dire de quoi s'approcher du chinois CRRC, de loin le numéro un mondial du secteur. C'est dans cette perspective que les actionnaires d'Alstom ont validé à la quasi-unanimité l'opération de rachat de Bombardier Transport qui doit donner naissance au numéro deux mondial du rail. Son prix avait été revu à la baisse en septembre, à 5,3 milliards d'euros. Le groupe doit réaliser une augmentation de capital de deux milliards d'euros pour procéder à l'achat d'ici à la fin du premier semestre 2021, assorti d'un droit préférentiel de souscription pour les actionnaires.
Alstom devra restaurer la marge opérationnelle de Bombardier "à un niveau standard" et compte réaliser 400 millions d'euros d'économies à travers des synergies. Il prévoit un bénéfice net par action "à deux chiffres" à compter de la 2e année après l'achat.

Deux usines à céder

Deux nouveaux administrateurs ont été élus sur proposition de la Caisse des dépôts et placements du Québec (CDPQ), qui détiendra 18 % d'Alstom : Kim Thomassin, vice-présidente de la CDPQ, et Serge Gaudin, fondateur du géant canadien de l'informatique CGI. Une rémunération exceptionnelle en actions (contestée par moins de 12 % des votants) a été votée pour le PDG d'Alstom et les dirigeants qui ont participé à la transaction.
La commission européenne avait autorisé sous conditions ce rachat qui intervient un an et demi après le mariage avorté entre Alstom et Siemens fin juillet. Le groupe doit notamment céder deux usines, à Reichshoffen en Alsace et à Henningsdorf en Allemagne. Le choix d'un repreneur n'est pas arrêté. Le premier critère sera "le périmètre", a souligné le PDG d'Alstom le 29 octobre sur BFM Business. "Il faut que l'offre comprenne l'ensemble des sites. C'est le premier dialogue que nous devons avoir avec CAF et Skoda", les groupes espagnol et tchèque candidats au rachat. Le nouvel ensemble emploie – sans déduire les cessions concédées pour satisfaire Bruxelles – environ 76.000 salariés pour un chiffre d'affaires de 15,5 milliards d'euros.