Anvers : le trafic conteneurisé limite les dégâts

16/10/2020 Vincent Calabrèse

Le port d'Anvers a achevé les trois premiers trimestres de l'année en cours sur un recul de 4,4 % par rapport à la même période de 2019. La bonne tenue du trafic conteneurisé a limité l'impact de la crise sanitaire sur le tonnage global.

À 171 millions de tonnes, le port d'Anvers a enregistré au cours des neuf premiers mois de l'année un trafic global en baisse de 4,4 %. Ce recul est dû, selon l'autorité portuaire, à la stabilité du volume du trafic conteneurisé au cours du premier semestre et à la reprise constatée au troisième trimestre. Deux tendances venant limiter l'effet de la baisse des autres filières sur le trafic global, analyse-t-elle.
Dans le conteneur, où il a enregistré un volume de 8,85 millions d'EVP pour les trois premiers trimestres (- 0,2 %), le port anversois explique que "comparé à la plupart des autres ports de l'axe Hambourg-Le Havre, il se montre particulièrement résistant". Et d'ajouter qu'il a su faire face à l'impact de "la crise du coronavirus sur les chaînes de production et de logistique mondiales et à la baisse de la demande qui en a découlé".

Baisse des "blank sailings"

Selon l'administration portuaire, après une stagnation du trafic enregistrée en mai et juin, les flux conteneurisés ont redémarré en juillet. Au cours du troisième trimestre, les volumes entre l'Extrême-Orient et l'Europe en particulier ont progressé. "Le nombre de départs annulés ("blank sailings") est en baisse depuis le mois d’août. Ils sont compensés en grande partie par des escales supplémentaires" mises en place par les opérateurs de ligne régulière. En septembre, Anvers a d'ailleurs de nouveau atteint un million de boîtes.

"Le prochain Brexit représente de nouvelles incertitudes"

En revanche, le conventionnel a continué de souffrir des effets de la crise sanitaire. Après les embellies constatées en juin et juillet, le secteur a connu une nouvelle chute en août. Si les tonnages d'acier ont baissé, les fruits et légumes se sont plutôt bien portés. Mais en cumul sur les neuf mois de l'année, la filière a reculé de 23 %, à 5,1 Mt.
Le secteur automobile semble lui aussi avoir ressenti les effets de la crise. Après une hausse des volumes en juin et juillet, une nouvelle baisse a été enregistrée en août. Le mouvement total des véhicules neufs a diminué de 30 %, celui des véhicules d’occasion de 23,7 % par rapport à la même période de 2019. Le secteur n'a pas enregistré de relance.
En matière de vracs solides, l'autorité portuaire belge constate une stabilité du kaolin et de la ferraille mais une baisse de 4,5 % des engrais. Quant au charbon, il est inférieur de moitié à celui de la même période de 2019. Au total, la filière a baissé en un an de 15,5 % pour s'établir à 8,7 Mt.

Recul des vracs liquides

Quant aux vracs liquides, à 51 Mt, ils ont connu un recul de 5,7 % par rapport aux neuf premiers mois de 2019. Concernant les hydrocarbures, le port scaldien semble avoir largement souffert des conséquences de la crise sanitaire sur le marché du pétrole entre baisse de la demande et chute du prix du baril de brut.
Mais une reprise des produits pétroliers raffinés à l'export a malgré tout été constatée. Les produits chimiques ont progressé de 2,8 % à l'export tandis qu'ils ont chuté de 11,5 % à l'import.
Jacques Vandermeiren, le directeur général de l'autorité portuaire anversoise a expliqué : "La crise du coronavirus se fait toujours sentir sur la supply chain mondiale. La prochaine arrivée du Brexit crée également des incertitudes sur le marché. La reprise du trafic conteneurisé a limité l'impact de la crise sanitaire sur le tonnage global".
En cumul de janvier à septembre, 10.241 navires ont fait escale dans le port flamand, soit 5,3 % de moins par rapport aux neuf premiers mois de 2019.