Assises du transport et de la mobilité : comment rendre le métier de conducteur routier attractif ?

Préoccupation centrale du transport routier aujourd’hui, l’attractivité de ses métiers était le thème des 6e Assises du transport et de la mobilité. Si elle dispose de plusieurs atouts, la profession peine à les faire connaître auprès des candidats et du grand public.

En multiplex à Paris, Rennes, Lille, Lyon, Montpellier et Nancy, les 6e Assises du transport et de la mobilité, organisées par la Carcept Prev et les organismes de formation professionnelles, ont planché sur l’attractivité des métiers du transport routier fin septembre. À l’heure on l’on recense 22.000 postes vacants dans le mode, une campagne de communication à l’attention du grand public semble urgente tant l’image de la filière est dégradée et "éloignée de la réalité", assure le secteur. Celui-ci valorise pourtant l’amélioration des conditions de travail, un environnement à très fort contenu technologique et des actions en matière de protection sociale, de prévention notamment. En témoigne le compte personnel de prévoyance lancé depuis le 1er janvier 2017. Par accumulation de points tout au long de sa carrière, "ce dispositif permet aux conducteurs d’améliorer leur couverture santé en participant à des opérations de prévention sur leurs lieux de travail", résume René Petit, président du fonds HDS Transport.

Faire savoir

Aussi pertinent soit-il, ce compte personnel de prévoyance est aujourd’hui méconnu de la plupart des salariés de la filière confirmant ses difficultés à communiquer sur ses atouts et avantages en externe comme en interne. Fort de ce constat largement partagé lors des Assises, le député Damien Pichereau appelle la profession à ouvrir leurs offres d’emplois à tous les profils et à tous les canaux dont les réseaux sociaux.

"Il faut aller chercher les candidats et les séduire"

Telle est d’ailleurs l’une des approches que Stef privilégie pour son plan de recrutement visant à embaucher 1.000 nouveaux salariés. Un an après son lancement, "nous avons recruté 500 personnes", confie Jean-Yves Chameyrat, son directeur des ressources humaines. "Il ne suffit plus d’attendre mais il faut aller chercher les candidats et les séduire en se démarquant". Au-delà des postes proposés, Stef "travaille sur le sens du métier au sein de notre groupe et d’une chaîne de valeur agroalimentaire car l’autre défi est de conserver les nouveaux embauchés". Disponible prochainement sur les réseaux sociaux, une web-série de sept témoignages réalisée par l’OPCA Transports et Services vise, elle aussi, à élargir les vecteurs de communication de la filière.
Si les nouvelles générations placent "l’environnement du travail puis la sécurité et la prévention comme premiers critères d’attractivité", relève Thierry Douine de la CFTC Transports, les conditions salariales et leur évolution arrivent en troisième position ; un thème absent lors des Assises.