Axe Seine : lancement de la mission de préfiguration pour un établissement portuaire unique

Présidente du Conseil d’administration du Port autonome de Paris, Catherine Rivoallon est nommée préfiguratrice du futur établissement portuaire public sur l’axe Seine. Rassemblant les ports du Havre, Rouen et Paris, le succès de cette réforme suppose la participation étroite des partenaires sociaux et économiques, dont les clients des trois ports, ainsi que des élus locaux.

Temps fort du colloque "Vallée de la Seine" le 7 janvier à Paris, l’intervention du Premier ministre, Édouard Philippe, a donné le coup d’envoi de la mission de préfiguration visant à créer un établissement portuaire public unique sur l’axe Seine. Annoncée lors du Cimer du 15 novembre 2018 à Dunkerque, cette réforme consiste à intégrer le Port autonome de Paris (PAP) et les GPM du Havre et de Rouen sous une même entité juridique, dotée de trois implantations territoriales, le 1er janvier 2021 au plus tard. Dans ce cadre, Édouard Philippe et la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, ont nommé Catherine Rivoallon, présidente du Conseil d’administration du PAP, au poste de préfiguratrice du futur établissement public. Pour mener cette mission, "elle s’appuiera d’une part sur les équipes dirigeantes et les administrations des trois ports et, d’autre part, sur un comité de préfiguration composé de cinq membres", précise le ministère des Transports. Présidé par Valérie Fourneyron, ce comité associera Thierry Tuot, conseiller d’État, Gilles Belier, avocat membre du Haut Conseil du dialogue social, Emmanuelle Perron, présidente du Conseil de surveillance du GPMH, et Frédéric Henry, président du Conseil de surveillance du GPMR.

Quelles missions ?

Catherine Rivoallon et le comité de préfiguration devront "proposer d’ici l’automne, les règles de fonctionnement du nouvel ensemble portuaire : nous inscrirons ces règles dans une ordonnance que nous adopterons en application de la loi d’orientation des mobilités" dont l’examen au Parlement est annoncé en mars, indique le Premier ministre. L’accent est mis sur le "dialogue avec l’ensemble des partenaires sociaux sur la manière d’accompagner la création de cet établissement, sans négliger le dialogue avec les élus locaux et les acteurs des places portuaires".

Édouard Philippe, Premier ministre, lors du colloque
Catherine Rivoallon et le comité de préfiguration sont également chargés d’élaborer son projet stratégique pour la période 2020-2025 ainsi qu’un programme d’investissement sur cinq ans "cohérent et plus ambitieux que la simple somme des trois programmes d’investissement pris séparément". Datée du 7 janvier, la lettre de mission remise à Catherine Rivoallon souligne que ses démarches s’appuieront sur les travaux du préfet François Philizot et sur les propositions faites par la CGT des Ports et Docks.

Attentes fortes des clients

Si la fusion des trois établissements publics portuaires de l’axe Seine peut sembler légitime dans un souci d’efficacité et d’optimisation du service public, à aucun moment il n’est précisé, pour l’instant, le coût de cette réforme, les conséquences sociales ni les gains escomptés. La mission de préfiguration devra notamment préciser les avantages de cette fusion pour les chargeurs, prestataires et transporteurs, notamment maritimes, clients et opérateurs sur les trois ports.

"Les règles de fonctionnement du nouvel ensemble portuaire attendues d'ici l'automne"

Un des risques au cours de ces deux prochaines années consacrées à la création du futur établissement public portuaire sur l’axe Seine est l’immobilisme et les batailles de pouvoir, à l’heure où les attentes des clients sont fortes et la concurrence sur le range nord-européen est vive. En témoigne l’intervention de Jacques Gérault, conseiller institutionnel de CMA CGM, lors du colloque "Vallée de la Seine" pointant la "médiocrité" actuelle des dessertes ferroviaires et fluviales du Havre et de son terminal multimodal exploité par LHTE dont CMA CGM est actionnaire. Malgré une progression de ses trafics (155.000 EVP en 2018, + 7 %), "il ne fonctionne pas bien et déclare un déficit de 500.000 euros en 2018". L’armement prévient que sans refonte complète de son organisation dans l’année et notamment des rotations ferroviaires le reliant aux terminaux conteneurisés havrais, il se retirera.