Beyrouth : le nitrate d'ammonium stocké au port depuis six ans

05/08/2020 AFP

Un stockage imprudent de nitrate d'ammonium est à l'origine des énormes explosions de Beyrouth selon les autorités. Il aurait passé six ans dans un hangar du port après une saisie.

La double explosion survenue sur le port de Beyrouth qui a fait au moins cent morts, des milliers de blessés et des centaines de milliers de sans abris pourrait avoir été causée par un stock de nitrate d'ammonium saisi sur un navire en 2014.
D'après les autorités, quelque 2.750 tonnes de ce produit, qui entre dans la composition d'engrais et d'explosifs, stockées "sans mesures de précaution" au port de la capitale libanaise sont à l'origine de la puissance des déflagrations.
Une source au sein des services de sécurité a indiqué que ce nitrate d'ammonium avait été saisi sur un bateau en panne il y a six ans et entreposé au hangar numéro 12 du port, "sans aucun suivi". Selon un porte-parole, le Premier ministre, Hassan Diab a estimé "inadmissible qu'une cargaison de nitrate d'ammonium soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C'est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire". Le nitrate d'ammonium avait causé l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en septembre 2001 (31 morts, 8.000 blessés).

CMA CGM participe aux opérations

La France a décidé d'envoyer sur place 55 militaires de l’Unité de sécurité civile numéro 1 de Nogent-le-Rotrou, notamment des "spécialistes du sauvetage et du déblaiement" et issus "d’une unité spécialisée dans la reconnaissance des risques technologiques", selon la Sécurité civile. "Une dizaine de personnels urgentistes doit également rejoindre au plus vite Beyrouth pour renforcer les hôpitaux de la capitale libanaise avec le soutien de CMA CGM pour le transport", a ajouté l’Élysée. Le quatrième armateur mondial de ligne régulière est la propriété de la famille franco-libanaise Saadé.
Les dégâts sur les installations portuaires sont considérables. Plusieurs navires ont été endommagés. À bord de l'un d'entre eux, amarré au port, se trouvaient des Casques bleus de la mission de l'ONU au Liban (Finul) qui ont été grièvement blessés.
De nombreux pays ont proposé de l'aide au Liban, notamment la France, aux liens historiques avec ce pays, qui doit envoyer mercredi plusieurs tonnes de matériel sanitaire et un détachement de la sécurité civile. Paris va aussi envoyer un troisième avion d'assistance humanitaire.