Blocage des ports : la FNTR, TLF et l'Union TLF condamnent l'inaction de l'État

23/01/2020 Vincent Calabrèse

Pour la FNTR, TLF et l'Union TLF, les mesures annoncées par le gouvernement pour pallier les pertes dues au mouvement social initié le 5 décembre 2019 dans les ports français sur le projet de réforme des retraites est largement insuffisant.
Pour les trois organisations syndicales, l’ensemble des acteurs touchés a dressé un bilan économique catastrophique à court terme. "Il se chiffre en dizaine de millions d’euros de pertes sèches par port depuis le 5 décembre".
Elles estiment toutes que sur le moyen et long terme, c'est l’attractivité et la compétitivité de ces ports qui est remise en cause".
Et d'ajouter que les chargeurs ont d'ores et déjà décidé de modifier les itinéraires de leurs marchandises en les faisant transiter notamment par les ports d'Anvers, Gènes et Rotterdam.
La FNTR, TLF et l'Union TLF soulignent que les annonces faites par les ministres Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État au commerce, et Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d'État aux Transports, n'ont pas rassuré la filière ("L'Antenne" du 23 janvier 2020).
"Si le gouvernement a bien pris la mesure de la situation, il annonce cependant qu’aucune mesure
de soutien supplémentaire ne sera prise au-delà de celles du 10 décembre dernier : remboursement accéléré de la TVA, des reports de charge fiscale et sociale, remboursement accéléré de la TICPE pour les transporteurs… Une réponse clairement insuffisante".
Pour les trois organisations professionnelles, "le gouvernement ayant clairement refusé de débloquer les ports et donc d’assurer la libre circulation des personnes et des marchandises, et suite à la fin de non-recevoir des préfets à qui la demande avait été adressée", la FNTR, TLF, TLF Overseas ont confirmé au gouvernement que des constats d’huissiers étaient en cours sur les différents ports.
Elles ont préparé les recours juridiques nécessaires pour "mettre en cause l’inaction de l’État afin de faire respecter le droit de travailler des entreprises et des salariés".
Rappelant que "la résilience du secteur a atteint ses limites", les associations enfoncent le clou : "Il est urgent pour le gouvernement de transformer ses paroles en actes !"
Avec la création de France Logistique le 8 janvier dernier, les attentes des professionnels de la filière sont d’autant plus fortes que "la France s’est engagée à revenir dans le top 10 mondial en la matière".