Boeing annonce une demande en avions de ligne durablement affectée

07/10/2020 AFP

La demande pour les avions de ligne neufs devrait être bien moins importante que prévu au cours de la décennie à venir. En cause, la chute du trafic aérien provoquée par la pandémie de coronavirus, estime Boeing mardi 6 octobre.
Dans ses nouvelles prévisions mondiales de marché 2020-2039, le constructeur aéronautique américain a abaissé de 11 % ses prévisions du nombre d'appareils destinés au transport de passagers livrés aux compagnies dans le monde d'ici 2029 soit, 18.350 aéronefs. Mais comme après le 11-Septembre 2001, l'épidémie mondiale de Sras en 2002-2003 ou la crise financière de 2007-2009, "le secteur montrera une nouvelle fois qu'il est résilient"  se réjouit Darren Hulst, vice-président du marketing de la division d'aviation commerciale de Boeing.
À plus long terme, la tendance à la forte hausse du transport aérien devrait reprendre le dessus, anticipe le constructeur qui table sur la vente de 43.110 nouveaux avions dans les vingt prochaines années. Un chiffre de 5% en dessous des prévisions publiées au salon du Bourget en juin 2019. Le groupe aéronautique mise sur une croissance annuelle du trafic aérien de 4% en moyenne d'ici 2039. Au total, la flotte mondiale devrait presque doubler d'ici là, pour atteindre 48.400 avions contre 25.900 actuellement. Mais à court terme, le nombre de passagers voyageant par les airs a plongé de plus de 90% au pic des restrictions imposées pour limiter la propagation du Covid-19.

Remplacements de flotte vieillissante

Il faudra trois ans pour revenir au niveau de 2019 et au moins cinq ans pour rattraper les tendances de long terme, avance Darren Hulst.
Ce qui n'est pas près de changer, en revanche, une fois un vaccin ou un traitement efficace trouvé, les passagers seront aussi serrés qu'avant. Cette situation conduit à de nouvelles dynamiques sur le marché de l'aviation, poussant notamment les compagnies à accélérer le remplacement de certains appareils. Au cours de la dernière décennie, environ 35% des commandes étaient destinées à remplacer des avions vieillissants. Ce chiffre devrait grimper à 60% à court terme, avant de se stabiliser à 48% en moyenne dans les vingt prochaines années. Boeing tablait l'an dernier sur 44%.
Le segment des avions mono-couloirs, les plus utilisés sur les vols intérieurs, devrait se redresser plus rapidement que celui des gros porteurs. La demande pour les mono-couloirs, comme le 737 Max, devrait atteindre 32.270 avions, contre 32.420 attendus en 2019. Boeing quant à lui, anticipe une demande de 7.480 avions gros porteurs d'ici 2039, contre 8.340 l'an dernier. Signe positif sur le marché de l'aviation, la demande se porte bien pour le fret grâce à l'explosion des commandes en ligne. Elle devrait se tasser dans les années à venir et Boeing s'attend à ce qu'elle augmente en moyenne de 4% dans les deux prochaines décennies.  
Au total, l'avionneur américain anticipe un marché d'une valeur totale de 8.500 milliards de dollars au cours de la décennie à venir pour les produits et services de l'aviation, soit moins que les 8.700 milliards de dollars anticipés l'an dernier. L'augmentation de la demande pour les voyages en avion devrait par ailleurs s'accompagner du recrutement de près de 2,4 millions de personnes d'ici à 2039, soit un peu moins que les 2,5 millions anticipés en 2019. Contrairement à Boeing, le constructeur européen Airbus a choisi de ne pas diffuser de prévisions cette année, en raison de la trop grande incertitude entourant le transport aérien.