British Airways en conflit profond avec ses pilotes

British Airways se relève difficilement de deux jours de grève massive de ses pilotes qui menacent d'amplifier leur mouvement faute d'entente sur les salaires, au risque d'endommager les comptes et la réputation de la compagnie aérienne.

Les pilotes ont mené les 9 et 10 septembre la première grève de leur histoire, ce qui a largement désorganisé la compagnie britannique. British Airways (BA) a par conséquent été contrainte d'annuler 10 % de ses vols le lendemain, soit plusieurs dizaines sur les 850 assurés quotidiennement pour l'essentiel depuis les aéroports londoniens de Heathrow et Gatwick. La grève a entravé les déplacements de plus de 200.000 personnes a avec près de 1.600 vols annulés, soit la quasi-totalité.
Les ponts semblent quasiment coupés avec le syndicat de pilotes Balpa qui se félicite de son côté de la mobilisation de ses membres, dont 93 % soit 4.000 d'entre eux ont voté pour cette grève. Balpa prie la compagnie de revenir à la table des négociations avec des propositions "significatives" afin d'éviter le troisième jour de grève prévu le 27 septembre. Le syndicat avertit même qu'il pourrait durcir le mouvement et organiser de nouvelles journées de grève si BA refuse de discuter.

Bénéfices en baisse

Les négociations sont à l'arrêt depuis le refus par British Airways d'une main tendue par Balpa il y a une semaine pour régler ce conflit sur les salaires. Les pilotes refusent une hausse de salaire de 11,5 % sur trois ans proposée par BA, ce qui porterait la paie de certains commandants de bord à 200.000 livres par an (224.000 euros). Cette offre a été jugée insuffisante par Balpa qui réclame un meilleur partage des bénéfices de l'entreprise, mettant en avant les sacrifices consentis lorsque le transporteur traversait une période difficile il y a quelques années.
BA n'a pas indiqué pour l'heure comment elle entend sortir de ce conflit social qui lui coûte autour de 40 millions de livres par jour de grève selon un chiffre communiqué par Balpa.
Ce mouvement tombe au mauvais moment pour IAG, la maison mère de BA mais également d'Iberia, Vueling ou Aer Lingus. En raison d'un contexte difficile du fait du ralentissement économique en Europe et de la vive concurrence des compagnies à bas coûts, les résultats du premier semestre ont été mitigés avec une hausse de l'activité mais une baisse de 42 % du bénéfice.
BA, qui vient de fêter ses 100 ans d'existence et se vantait en 1997 d'être la compagnie aérienne la plus aimée au monde lors d'une campagne publicitaire, joue également sa réputation qui a eu à souffrir au cours des deux dernières années d'un vol massif de données financières ainsi que d'une panne informatique géante.
Le patron de British Airways Alex Cruz a reconnu cette semaine que la grève allait "abîmer la marque".