CMA CGM lance une opération de rationalisation de ses marques

Au cours du premier trimestre de l'année, le groupe CMA CGM a enregistré un Ebitda ajusté stable. L'armateur lance une rationalisation de ses marques pour la fin de l'année.

CMA CGM a vu son chiffre d'affaires atteindre au cours du premier trimestre de l'année 5,74 milliards de dollars contre 5,41 md USD au cours des trois premiers mois de 2018. Avec l'intégration du commissionnaire de transport et logisticien suisse Ceva Logistics dont il a acquis plus de 90 % du capital, son chiffre d'affaires a augmenté de 37 % à 7,41 md USD et son Ebitda a été multiplié par trois pendant la période, passant de 217 M USD l'an dernier à 779 M USD cette année (dont 14 M USD généré par l'entreprise suisse).
L'Ebitda ajusté est toutefois resté stable puisqu'il s'élève à 212 M USD, contre 217 M USD en 2018. CMA CGM prévient que ce résultat a été gonflé de 423 millions par l'application de la nouvelle norme comptable IFRS 16, et de 144 millions par l'intégration de Ceva. "Hors ces deux éléments, l’Ebitda ajusté est globalement stable à 212 millions de dollars contre 217 millions de dollars lors du premier trimestre 2018, précise l'armement. Au global sur le trimestre, l’évolution des coûts a été contenue, en ligne avec l’évolution du revenu par EVP".

Volumes en hausse

La direction de la compagnie souligne que le nombre d'EVP transportés a progressé au cours des trois premiers mois de l'année de 4,4 % par rapport au premier trimestre 2018 tandis que le revenu par conteneur a légèrement augmenté pendant la même période. Les deux secteurs mondiaux auxquels le groupe attribue cette amélioration sont les lignes desservant les États-Unis mais aussi l’Afrique.

"Les lignes États-Unis et Afrique davantage lucratives"

Le groupe indique malgré tout que le programme de réduction des coûts engagé en 2016 a déjà permis de dégager 245 M USD d'économies et prévoit un plan renforcé à 1,5 md USD. Parmi les mesures prévues figurent notamment une rationalisation de ses marques sur les lignes maritimes en exploitation dans le monde.

Réorganisation mondiale dès le 1er octobre

Selon la direction de la compagnie, le label CMA CGM devrait être ainsi recentré à compter du 1er octobre sur les marchés transatlantique, Asie-Europe, Asie-Méditerranée, Asie-Caraïbe et Europe-Inde et Moyen-Orient. La marque APL sera, elle, axée sur le transpacifique, l'Asie-sous-continent indien, l'Asie-Océanie et les États-Unis. Quant à l'intra-Asie, cette marque sera associée à celle de CNC. Enfin, ANL doit rester la seule du groupe en charge de l'Océanie.
Avec cette nouvelle organisation, le groupe a des ambitions d'ordre commercial et financier. "Elle permettra (…) de simplifier et d’améliorer la lisibilité de son offre auprès de ses clients et de s’appuyer sur l’expertise de compagnies expertes d’ensembles régionaux cohérents tout en réduisant ses coûts".

Les conséquences de l'IFRS 16

L'entrée en vigueur le 1er janvier 2019 de la norme comptable IFRS 16, qui redéfinit le contrat de location, oblige les armateurs à traduire dans leur bilan l'affrètement de navires. Cette exigence modifie sensiblement certains indicateurs, notamment la dette.
Ainsi, CMA CGM, qui a vu sa dette se creuser de 117 % et 10,7 md USD (à 19,9 md USD), doit 6,8 md USD de cette augmentation à la nouvelle norme tandis que l'acquisition de Ceva a contribué à hauteur de 2,8 md USD de cette hausse, dont 1,2 md dus à ses propres contrats de location sous IFRS 16. Selon Alphaliner, la dette cumulée des neuf principaux opérateurs de ligne régulière ayant communiqué leurs résultats a augmenté de 50 % au premier trimestre.
La norme est aussi responsable d'un gonflement de 423 M USD de l'Ebitda de l'armateur français, uniquement pour la partie maritime de ses activités, ainsi que d'un creusement de sa perte. Le résultat net du groupe au premier trimestre 2019 est négatif de 43 M USD. Il aurait été positif de 66 M USD sans l'IFRS (- 88 M USD) et Ceva (- 21 M USD).