Cession de créneaux : l’inquiétude des syndicats d'Air France

07/04/2021 AFP

Les syndicats d'Air France ont salué la montée de l'État français au capital mais s'inquiètent de la cession de 18 créneaux de vols à d'autres compagnies à Orly, une contrepartie exigée par l'Union européenne.

Bruxelles a autorisé Paris à octroyer une aide supplémentaire de 4 milliards d'euros à Air France, permettant à l'État français de monter à un peu moins de 30 % du capital de la compagnie, contre 14,3 % aujourd'hui. "La montée au capital c'est quelque chose d'indispensable, on ne pouvait pas continuer sur cette trajectoire", a réagi Guillaume Schmid, vice-président du SNPL, principal syndicat de pilotes de la compagnie.

La cession de 18 créneaux de vols à la concurrence, soit 5,5 % de l'ensemble des créneaux détenus par Air France à Orly, inquiète en revanche Jérôme Beaurain du syndicat Sud Aérien. "En donnant ces créneaux, on ne sauve pas des emplois et on laisse des compagnies qui font du dumping s'installer", s'est-il inquiété. Bruno Le Maire a cependant assuré avoir obtenu de Bruxelles que les compagnies qui font du "dumping" social et fiscal ne puissent pas récupérer ces créneaux. Une annonce qui "sur le principe", satisfait le SNPL. "Ça va dans le sens de ce qu'on demandait", a assuré Guillaume Schmid.

"Céder des créneaux, c'est mettre en difficulté l'entreprise"

Pour la CGT, le coup de pouce supplémentaire annoncé ne peut être qualifié de véritable aide. "Ce n'est pas de l'argent injecté, ce sont des prêts", a précisé Vincent Salles, co-secrétaire général de la CGT chez Air France. La recapitalisation d'Air France prévoit en effet "la conversion d'un prêt d'État de 3 milliards d'euros déjà accordé par la France en un instrument de capital hybride", a indiqué la Commission européenne. "Céder des créneaux, c'est mettre en difficulté l'entreprise. Même si c'est moins que les 24 créneaux prévus initialement, l'aéroport d'Orly est un petit aéroport, ce n'est pas Munich ou Francfort", a dénoncé Vincent Salles, en référence aux deux aéroports où la Lufthansa a, elle aussi, dû céder des créneaux en échange d'une aide de l'État allemand.