Chute des volumes et des bénéfices Kuehne+Nagel

Kuehne+Nagel a vu son bénéfice se contracter de près d'un quart au premier trimestre face à la baisse des volumes dans le transport maritime et aérien avec la pandémie de Covid-19, malgré la hausse des opérations ponctuelles liées à la lutte contre le virus.

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires de Kuehne+Nagel a diminué de 6,2 % sur un an, à 4,9 milliards de francs suisses (4,6 milliards d'euros). Le bénéfice du commissionnaire de transport international et logisticien a chuté de 23,2 %, à 139 millions de francs suisses, selon le groupe. Bien que le recul soit prononcé, ce chiffre est toutefois conforme aux prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP qui l'attendaient en moyenne à 139 millions.

L'aérien segment le plus affecté

Le transport maritime a été le premier pan d'activité touché par la pandémie qui a précocement entraîné une baisse "à deux chiffres" des échanges avec la Chine. Parallèlement, le groupe a noté une croissance du trafic reefer en Amérique latine, notamment les produits pharmaceutiques et les exportations de marchandises périssables qui ont amorti la baisse des volumes. Celle-ci a atteint 71.000 EVP, pour un total de 1,075 million d'EVP transportés au premier trimestre (- 6,2 %).
Le chiffre d'affaires du segment maritime a reculé de 6,9 %, à 1,7 milliard de francs suisses, son bénéfice net de 9,9 % (344 millions de CHF) et son Ebit de 29,5 % (79 M CHF).

"La capacité en fret aérien a baissé de 60 % en quelques semaines"

Le transport aérien a vu son chiffre d'affaires chuter de 6,8 % (1,09 md CHF), son profit de 5,8 % et son Ebit de 11,3 % (71 M CHF).
Ce segment a été particulièrement affecté à partir de mars avec l'annulation massive de vols passagers, qui a fait baisser la capacité fret de 60 % en quelques semaines, selon Kuehne+Nagel. "Sur le plan de la demande, les fermetures en Chine, en Europe et pour finir en Amérique ont provoqué une chute de la consommation et donc une baisse des volumes", estime le commissionnaire de transport, qui a vu au contraire la demande augmenter fortement pour des vols charters, que ce soit pour acheminer des produits pharmaceutiques ou d'autres marchandises urgentes. Avec 372.000 tonnes transportées au premier trimestre, le trafic aérien du groupe a diminué de 9 %.

Les acquisitions soulagent le routier

La baisse des recettes a en revanche été moins marquée dans le transport routier, le repli se limitant à 4,1 %, notamment grâce à ses récentes acquisitions : Rotra (Belgique et Pays-Bas) et Joebstl (Autriche et Europe de l'Est). Pourtant, la demande a commencé à baisser significativement en Europe dès le mois de mars, à l'exception de l'e-commerce et du pharmaceutique. Le résultat net (281 M CHF, - 1,4 %) et l'Ebit (17 M CHF, - 29,2 %) de cette branche restent eux aussi positifs.
Dans la logistique contractuelle, les ventes du groupe ont diminué de 6,1 % après une évolution contrastée selon les sous-secteurs, ses clients dans l'automobile et le commerce de détail étant "particulièrement affectés" par la pandémie. La demande pour les produits de base, la pharmacie et l'e-commerce s'est au contraire accrue. Le résultat de ce segment n'a diminué que de 4 % (946 M CHF) alors que l'Ebit a chuté de 34,6 % (17 M CHF).
"La pandémie de coronavirus est un défi mondial immense", a déclaré le directeur général de K+N, Detlef Trefzger, alors que "la production industrielle et les volumes d'échanges se sont significativement affaiblis". Le groupe a cependant tenu la barre, faisant preuve de résilience, les volumes dans le transport pour les produits de base et la pharmacie se maintenant "à des niveaux respectables", a-t-il mis en avant.
Depuis mars, le groupe suisse assure avoir acheminé quelque 300 millions de masques de protection importés d'Asie par avion. La crise actuelle crée "des défis significatifs pour les sociétés de logistique", a réagi Michael Foeth, analyste chez Vontobel dans un commentaire boursier, jugeant cependant que le groupe suisse "gère plutôt bien" la situation.
Sans fournir de prévisions pour le reste de l'année, le groupe a averti qu'il serait confronté à "des défis majeurs dans les mois à venir", mais a insisté sur sa solidité financière, qui l'aidera à traverser la crise.