Cinq pétroliers iraniens menacés par Washington

25/06/2020 AFP

Pour pallier les pénuries de carburant, Téhéran a envoyé cinq pétroliers au Venezuela, déclenchant une nouvelle fois le courroux de l'administration Trump.

Washington a sanctionné le 24 juin les capitaines des cinq pétroliers iraniens ayant ravitaillé le Venezuela, alors que les États-Unis font monter la pression sur le président vénézuélien Nicolas Maduro. "Les marins qui font du commerce avec l'Iran et le Venezuela devront faire face aux conséquences que cela implique vis-à-vis des États-Unis", a déclaré le secrétaire d'État Mike Pompeo. "Les avoirs de ces capitaines seront bloqués. Leurs carrières et leurs perspectives professionnelles en pâtiront", a-t-il ajouté, annonçant leur placement sur la liste noire du Trésor américain.
Cinq pétroliers envoyés par l'Iran vers le Venezuela, où les pénuries de carburant se sont aggravées avec la pandémie de coronavirus, y ont acheminé quelque 1,5 million de barils de carburant. Le chef de la diplomatie vénézuélienne Jorge Arreaza a répondu sur Twitter que ces représailles étaient "la preuve de la haine des faucons de Donald Trump contre le Venezuela".

"pression maximale"

L'Iran, de son côté, a estimé que les dernières sanctions montraient que la campagne de "pression maximale" américaines à son encontre était en train d'échouer. "Les mesures américaines désespérées contre des citoyens iraniens représentent juste l'échec lamentable" de la campagne contre Téhéran, a tweeté le porte-parole de la diplomatie iranienne Abbas Moussavi.
L'administration de Donald Trump, qui a fait de l'Iran son principal ennemi au Moyen-Orient, a imposé depuis 2018 des sanctions draconiennes contre les autorités iraniennes et continue d'afficher sa fermeté, à travers sa politique dite de "pression maximale". "Tant que leur comportement néfaste se poursuit, notre campagne de pression maximale aussi", a prévenu Mike Pompeo. Washington, qui qualifie le président socialiste Nicolas Maduro de "dictateur" et souhaite sa chute, a imposé des sanctions sur les exportations de brut du Venezuela et de l'Iran, ainsi qu'à l'encontre de nombreux responsables gouvernementaux et militaires des deux pays.