Cinq ports orientaux entrent dans le club fermé des "millionnaires"

29/07/2020 Vincent Calabrèse

Ce sont les ports d'Aliaga, de Johor, Port Qasim, Vladivostok et celui de Weihai qui ont fait en 2019 leur apparition dans la famille convoitée des ports mondiaux millionnaires, à savoir ceux ayant conservé ou franchi la barre du million d'EVP. En revanche, soixante ports ont connu une baisse de trafic l'an dernier.

Quel est le point commun entre Aliaga, Johor, Port Qasim, Vladivostok et Weihai ? Ces ports à l'est sur le planisphère ont tous fait leur apparition en 2019 dans le club très convoité des ports "millionnaires", selon le classement annuel de Dynaliners.
Le turc Aliaga a pu ouvrir cette porte pour entrer directement au 133e rang (sur 148) car il a bondi de 20 % en 2019 pour atteindre 1,13 M EVP. Le malaisien Johor est passé en un an de 941.600 EVP à 1,04 M EVP. Cette hausse de 11 % lui a accordé la 143e place du palmarès. Le pakistanais Port Qasim a franchi la barre du million d'EVP en bénéficiant d'une croissance de 10 %. Du coup, il se retrouve au rang 142. Le russe Vladivostok a passé la barre du million d'EVP, tiré vers le haut par une augmentation de 11 %. Enfin, le chinois Weihai, grâce à une progression de 9 % qui l'a fait passer de 945.000 à 1,03 million d'EVP, a fait son entrée à la place 144.
Trois d'entre eux émanent du continent asiatique (Malaisie, Pakistan, Chine) et les deux autres de la partie orientale de l'Europe ou de la Méditerranée (Russie, Turquie).

Tanger Med et Port Saïd bondissent

Dans le classement mondial, au titre des ports qui sont restés sur une tendance de croissance ou ont bondi, on notera, entre autres, le marocain Tanger Med (+ 38 %, 4,8 M EVP, 36e place), l'égyptien Port Saïd (+ 23 %, 3,8 M EVP), le chinois Qingzhou (+ 30 %, 3 M EVP), Abu Dhabi (EAU), qui a crû de 61 % (2,8 M EVP) et le turc Tekirdag (+ 30 %, 1,41 M EVP).
D'autres ont également connu une année de progression à deux chiffres, tels que le turc Mersin (+ 12 %, 1,8 M EVP), le bahaméen Freeport (+ 33 %, 1,4 M EVP), et le canadien Prince Rupert (+ 17 %, 1,21 M EVP).
En revanche, soixante autres ports mondiaux ont connu une bien mauvaise année 2019. Parmi ceux-ci, Hong Kong a perdu 7 %, à 18,36 M EVP (8e rang mondial). Sans surprise, Bandar Abbas, victime des sanctions mondiales contre l'Iran, a chuté de 39 %, à 1,23 M EVP. Le chinois Dalian a perdu 10 % de son volume, à 8,8 M EVP. L'indien Chennai a reculé de 14 % (1,38 M EVP). En Argentine, Buenos Aires a connu un repli de 17 %, à 1,49 M EVP.
En Europe du Nord, les deux cas de figure se sont présentés. Rotterdam, le premier port du Vieux Continent, est passé entre 2018 et 2019 de la 11e à la 10e place mondiale, avec un trafic de 14,81 M EVP (+ 2 %). Anvers s'est maintenu à la 13e place grâce, lui aussi, à une croissance de 7 % (11,9 M EVP).
Marsaxlokk décline

Le port de Londres a bénéficié d'une hausse de volume de 11 %, en un an, à 1,85 M EVP pour se placer au 92e rang, au lieu du 97e en 2018. En 48e position (au lieu de la 44e), Felixstowe a vu son trafic baisser de 5 %, à 3,6 M EVP. En Allemagne, Hambourg (+ 6 %, 9,3 M EVP), a gagné deux places pour se mettre au 18e rang.
Dans le sud de l'Europe, le port maltais de Marsaxlokk, avec 2,7 M EVP, continue de perdre inexorablement du terrain (de 50e à 72e), chutant de 18 %. Cet ancien hub méditerranéen, qui subit la féroce concurrence de Tanger Med et d'Algésiras, ne gère globalement plus que les flux internationaux de CMA CGM destinés au Maghreb.
 

"Rotterdam à la 10e place mondiale, Hong Kong au 8e rang"
Toujours en 2019, en France, pendant que Le Havre a perdu 4 % de volume conteneurisé, à 2,76 M EVP, pour passer du 64e au 71 rang, Marseille-Fos a progressé de 4 %, à 1,45 M EVP. Le port phocéen est passé de la 115e à la 109e place.
En Espagne, Algésiras a achevé 2019 sur un trafic de 5,12 M EVP (+ 7 %) et figure au 31e rang mondial, en ayant gagné trois places. Barcelone (3,3 M EVP, - 3 %), a perdu du terrain puisqu'il a atteint la 52e place alors qu'il se situait au 46e rang en 2018. Valence (5,4 M EVP, + 5 %) a conservé la 29e place.
En Italie, Gênes est resté stable, à 2,6 M EVP, mais a perdu trois places (74e). Gioia Tauro a progressé de 8 %, à 2,52 M EVP (76e).
Pendant que passant du 33e au 27e rang, Le Pirée continue sa progression (+ 15 %, 5,6 M EVP) lancée depuis l'arrivée des opérateurs chinois aux commandes. Le port portugais de Sines, dont la croissance a défrayé la chronique pendant de nombreuses années, a perdu 19 % en un an (1,42 M EVP).

Dix opérateurs portuaires se partagent 42 % du volume
 
Quant aux opérateurs portuaires internationaux contrôlant 42 % du trafic conteneurisé mondial, Dynaliners en cite dix pour 2019. Le singapourien PSA, à la première place, a progressé de 5 % en un an, avec 63,3 millions d'EVP. Il est suivi par le moyen-oriental DP World qui a vu, lui, son activité croître de 9 % l'an dernier, à 48,2 M EVP. Au 3e rang, figure le chinois Hutchison, dont le trafic global a stagné avec 46,8 M EVP. L'opérateur Cosco Shipping Ports, juste derrière, a enregistré 46,4 M EVP, en hausse de 1 % sur un an. Quant au danois APM Terminals, filiale du groupe A.P. Møller-Maersk, son volume global a progressé de 2 % l'an dernier pour atteindre 43,7 M EVP.  
En 6e place, on trouve China Merchants Ports, dont le trafic, à 36 M EVP, a augmenté de 3 %.
Au 7e rang, Dynaliners a classé Til, la filiale manutention portuaire de MSC, qui a comptabilisé 28 M EVP, en hausse de 6 % sur un an. Loin derrière figurent le philippin ICTSI (9 M EVP, + 1 %), le taïwanais Evergreen (8,7 M EVP, + 2 %), et l'américain SSA Marine (8,3 M EVP, + 2 %).