Comité national routier : les postes "personnel" et "gasoil" sous vigilance en 2019

La hausse des coûts de revient dans le transport routier sera supérieure à l’inflation en 2019, selon le CNR. Sur un marché de l’emploi tendu, le poste "personne" est placé sous surveillance comme la fiscalité appliquée sur les carburants. La transformation du CICE risque d’alourdir la charge d’impôts des transporteurs.

Dans la perspective d’une croissance nationale de 1,4 à 1,6 % et d’une inflation autour de 1 % en 2019, la hausse des coûts de revient dans le transport routier de marchandises serait plus importante selon le CNR. De 1,8 à 2,3 % hors gazole en raison de sa volatilité couverte, normalement, par l’indexation légale, le facteur déterminant sera "l’évolution du coût des personnels de conduite". En cause, "le manque de main d'œuvre que les enquêtes de conjoncture pointent comme le principal frein pour les entreprises du secteur". Pour le CNR, cette tension pourrait se traduire par une augmentation des salaires des conducteurs jusqu’à 3,2 % hors primes et indemnités de déplacement qui progresseraient jusqu’à 2,4 %.

Impact du CICE

Parmi les autres points de vigilance, le Comité souligne la disparition à compter du 1er janvier du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) refondu en une réduction de six points des charges Urssaf employeurs. Alors que le CICE a représenté une économie de 6 à 7 % sur la masse salariale des transporteurs (sur les salaires inférieurs à 2,5 fois le Smic), cette transformation aura pour conséquence d’augmenter leur résultat avant impôts. L’assiette de l’impôt sur les sociétés et la contribution fiscale des entreprises s’en trouveront ainsi majorées.
Selon les calculs du CNR, "l’impact moyen de la conversion du CICE en réduction de charges se traduirait par une baisse du résultat après impôts de 1,4 à 2,8 %". Autre effet, la baisse des cotisations dues au titre de l’assurance maladie, maternité, invalidité et décès aura pour effet mécanique de diminuer également les allègements dits "Fillon".
Sur ce point, les pouvoirs publics se sont engagés à présenter des mesures dans le sens d’une neutralisation dans l’année.

Fiscalité sur le gasoil

En 2018, les prix du diesel hors TVA ont progressé de 18 % et ceux du gasoil professionnel de 13,1 %. Ces hausses sont dues pour l’essentiel au renforcement de la fiscalité au titre de la contribution climat énergie et de la convergence des taxes sur les carburants. De nouvelles augmentations fiscales sur le diesel sont prévues en 2019 et jusqu’en 2022.
Reportées au 1er juillet suite au mouvement des "gilets jaunes", celles programmées cette année représenteront une progression de 5,36 centimes d’euro par litre. Le CNR relève enfin une accélération des coûts de maintenance des véhicules. De 1,7 % en 2018, elle est liée à l’introduction de la norme Euro VI dont l’entretien "semble se révéler plus onéreuse que pour les générations précédentes".