Commission aérienne : innover pour répondre aux attentes du marché

Assurant plus de 90 % du fret avionné en France, les aéroports franciliens font intervenir une chaîne d’expertises. Conforter leur place en Europe et dans le monde suppose que tous ses maillons convergent vers des objectifs communs et accèdent à une offre aérienne et à des services de qualité.

Si le e-commerce transfrontalier est aujourd’hui l’un des moteurs du fret aérien mondial, ses trafics sont pour l’essentiel captés par les principaux intégrateurs voire les web-marchands qui étendent leurs activités au transport à l’image d’Amazon avec sa compagnie Prime Air. Son développement impacte en revanche tous les maillons de la chaîne aérienne et aéroportuaire sommés d’accélérer leur transition numérique et la dématérialisation de leurs procédures. "Les commissionnaires doivent se doter d’outils de nouvelle génération pour satisfaire aux nouvelles attentes du marché, gagner en productivité et en efficacité et améliorer les transit-time porte-à-porte", reconnaît Philippe Souloumiac, coprésident de la commission Aérienne de TLF Overseas. La nature ayant horreur du vide, le risque est réel sinon "de voir surgir de nouveaux acteurs", met en garde Mathieu Blondel, consultant auprès du cabinet Arthur D. Little.

"Chasser en meute"

Avec d’autres, ce défi est à l’origine d’Air Cargo France Association (ACFA) créée officiellement le 4 avril 2018 à Roissy-en-France lors de son premier événement consacré à la numérisation du fret aérien. "Autour du programme E-Freight, la dématérialisation est engagée mais demeure encore insuffisante pour en tirer des bénéfices. Tous les acteurs sont concernés". À l’initiative de dix acteurs publics-privés (TLF Overseas, Douanes, DGAC, préfet de Roissy, ADP, Air France Cargo, WFS, Sycaff - compagnies aériennes cargo -, CIN France et Sodexi), "l’un des objectifs de l’ACFA est de soutenir les projets permettant de renforcer l’attractivité des aéroports français dont l’évolution est étroitement liée à Paris-Charles-de-Gaulle compte tenu de son poids dans le fret avionné français".

"La dématérialisation est engagée mais demeure encore insuffisante pour en tirer des bénéfices"

Sur ce principe, les commissionnaires aériens plaident pour une harmonisation des procédures à l’échelle nationale au moyen d’outils communs à l’image de la plateforme collaborative Cargo Information Network CIN France et le concours des douanes. "La désunion et l’hétérogénéité des procédures conduisent à des détournements de trafic au profit d’autres plateformes aéroportuaires".
 
Miser sur le service


L’une des conditions de succès de cette démarche suppose d’améliorer l’offre cargo de Paris-CDG et de son premier acteur Air France Cargo en particulier. Depuis plusieurs mois, les partenaires de sa plateforme principale G1XL se plaignent en effet d’une dégradation de sa qualité de service. "De façon globale, les capacités fret se maintiennent mais le transfert vers les soutes passagers modifie l’offre. La venue de nouvelles compagnies cargo ou le renforcement de celles existantes est encouragé". La bataille se joue au sol également. L’ACFA entend ainsi développer la qualité de service, la robustesse et la sécurité des opérations en piste en améliorant la traçabilité des matériels, roulant ou non, au travers d’un outil de géolocalisation commun. Sur la zone fret de Roissy-CDG, l’amélioration de ses conditions d’accueil sécurisées, pour la réception des poids lourds en particulier, et de la qualité de sa voirie est également souhaitée.