Croisière : la charte bleue, un outil de réduction des émissions polluantes

Avec la convention signée avec Enedis et quatre armateurs de croisière mondiaux, le port de Marseille-Fos vise un trafic de 2 millions de passagers à l'horizon 2020, tout en réduisant les émissions polluantes des paquebots concernés.

À l'occasion du Blue Maritime Summit, qui s'est tenu les 16 et 17 octobre dans la cité phocéenne, une convention a émis quatre règles. La Charte bleue prévoit le branchement des navires électriques à quai, l'utilisation du marine gasoil (MGO) à 0,1 %, le développement d'une filière GNL et enfin l'application d'une vitesse réduite à l'approche des ports. Autant de points signés non seulement par le Grand Port maritime de Marseille-Fos et Enedis mais également par les armateurs de croisière Ponant, MSC, Royal Caribbean Cruises Line et Costa.

Nouvelle étape

Une charte, qui constitue à Marseille une nouvelle étape au "plan escales zéro fumée", tout en permettant au port phocéen le développement de la filière sans redouter l'accroissement des émissions polluantes.
Pour Jean-François Suhas, le président de l'association Marseille Provence Cruise Terminal, la convention permettra "le renforcement de l'alimentation électrique du port pour la connexion des navires". Cette charte constitue à ses yeux " l'aboutissement de quatre années de travail".
 

"Un complément au 'plan escales zéro fumée'"

De son côté, Hervé Martel, le président du directoire du Grand Port maritime de Marseille, explique : "La croisière est l'histoire d'une énorme réussite à Marseille puisque nous attendons 2 millions de passagers à l'horizon 2020". Le dirigeant de l'établissement portuaire souligne que le port phocéen est aujourd'hui "le premier en France dans le secteur". La filière représente "5 % du chiffre d'affaires du GPMM", estime-t-il. Et d'ajouter que la forme 10, sur le site de la réparation navale dans les bassins Est du port phocéen, a "bénéficié des effets collatéraux" de la croissance de la croisière.
Évoquant les problèmes de qualité de l'air qui font régulièrement débat depuis quelques années, il rappelle les solutions disponibles pour améliorer les rejets générés par les paquebots : pose de scrubbers, utilisation du GNL et électrification des quais. Sur ce dernier point, il rappelle que La Méridionale utilise déjà le branchement à quai et que des travaux d'électrification sont prévus pour le Cap Janet.
Pour Jean-François Suhas, l'objectif à ce jour n'est pas de réduire le nombre de paquebots mais de revoir la pollution à la baisse. "Car Marseille n'est pas Venise", souligne-t-il.