Croissance tous azimuts attendue en 2019 pour l'aéroport Marseille-Provence

L'express a encore tiré la progression de l'aéroport Marseille-Provence au cours des quatre premiers mois de 2019. Mais le traditionnel possède de bonnes réserves de croissance pour le reste de l'année.

Le fret a battu trois records mensuels depuis le début de l'année 2019 à l'aéroport Marseille-Provence (AMP), en janvier, février et avril. La plateforme a ainsi réalisé le meilleur quadrimestre de son histoire, avec 19.619 tonnes de fret avionné manutentionné fin avril, en hausse de 5,4 %.
"L'express est toujours la locomotive d'AMP", relève Jean-Marc Boutigny, le responsable fret de l'aéroport. Il atteint 17.614 t en depuis le début de l'année (90 % du total), en progrès de 6,9 %.
Trois des quatre opérateurs du secteur ont vu leur tonnage croître sur la période. C'est le cas de DHL, qui a transporté 5.220 t depuis et vers Marseille (+ 3,1 %), de Chronopost (4.898 t, + 5,3 %), dont le fret de la région niçoise passe désormais par l'aéroport provençal, et d'UPS (4.598 t, + 12 %).
Seul FedEx a reculé (3.698 t, - 1,4 %), du fait de la maintenance de son Boeing 757, remplacé en début d'année par un B737, explique le responsable fret. "La croissance des mois suivants n'a pas encore compensé la baisse de 7,1 % de janvier".

Les leaders répondent présent

À l'inverse, le fret traditionnel a reculé de 6,5 % et de 139 t de janvier à avril, cumulant 2005 t. Jean-Marc Boutigny explique cette évolution par la météo, qui a "perturbé beaucoup de vols depuis le début de l'année".
Air Corsica, premier opérateur de ce type d'activité, a perdu 3,7 % (579 t). Air Algérie a vu son trafic de soutes d'avions passagers augmenter de 7,8 % (193 t), mais son activité pétrolière avec Hassi Messaoud en partenariat avec Icar Aviation est en net recul de 10 % en ce début d'année (380 t).
Le reste de la baisse est réparti sur de nombreuses compagnies et destinations. El Al a perdu 15 t (- 12 %), les charters pour Airbus 14 t, Vueling 10 t, British Airways 8 t, etc.

"Ethiopian Airlines peut générer 1.000 t en année pleine"

Les principaux opérateurs en fret traditionnel d'AMP ont pourtant globalement donné satisfaction. Sur la période, la liaison d'Air Austral avec La Réunion a poursuivi sa montée en puissance (+ 37 %). Les soutes de son B777 ont trouvé des trafics à l'import, avec les ananas et les produits de la mer, même si la balance reste déséquilibrée, avec 80 % du trafic à l'export. "Le projet est de faire atterrir à Marseille les denrées destinées à la Provence plutôt qu'à Paris".
Turkish Airlines est l'une des valeurs sûres d'AMP pour le trafic de fret. La compagnie a transporté 175 t depuis le début de l'année (+ 8,7 %). "Sa progression aurait été plus forte sans les ajustements liés au déménagement vers le nouvel aéroport d'Istanbul en avril", commente Jean-Marc Boutigny.

Moscou et Addis-Abeba cet été

Dans ce contexte mitigé, le responsable se montre confiant pour le reste de l'année : "Le fret traditionnel recule mais les perspectives sont excellentes du fait des nouveautés à venir".
D'abord, Aeroflot lancera en juin une liaison passagers permanente avec Moscou. L'A320 aligné n'offrira pas de grande capacité mais il assurera une haute fréquence (5 vols hebdomadaires) et des connexions avec l'Asie centrale et l'Extrême-Orient, notamment les hubs continentaux de Tokyo-Narita et Séoul-Incheon.
Puis Royal Air Maroc, dont le hub de Casablanca est desservi tous les jours depuis Marseille, ajoutera le 22 juin Boston à sa liste de destinations américaines ralliées en B787 Dreamliner, après New York, Washington et Miami (depuis avril).
Surtout, AMP verra en juillet la création d'un service passagers avec Addis-Abeba opéré par Ethiopian Airlines que la direction attend porteur pour le fret. La liaison tri-hebdomadaire offrira aux chargeurs les soutes d'un B787. Elle permettra de bénéficier du réseau cargo de la compagnie et de ses connexions en Afrique australe et orientale, dans l'océan Indien mais aussi en Asie (Chine, Hong Kong…) et en Inde.
Cette liaison, qui offrira la possibilité d'atteindre ces marchés en gros porteur de bout en bout plutôt qu'en passant par les hubs européens "mal desservis pour le fret", doit générer "1.000 t de trafic en année pleine", selon Jean-Marc Boutigny, notamment des végétaux à l'import. De quoi faire bondir le fret traditionnel, qui a totalisé 6.252 t en 2018.