DP World toujours en quête d'investissements

Le PDG du groupe, Sultan Ahmed ben Soulayem juge les prévisions de reprise de l'économie mondiale trop optimistes. Bien que l'activité des terminaux et centres logistiques gérés par DP World n'a reculé que de 4 % sur le premier trimestre, le dirigeant se prépare au pire pour les prochains mois.

Pour le PDG de DP World, Sultan Ahmed ben Soulayem, le commerce mondial a payé un plus "lourd tribut" avec la crise sanitaire que lors de la crise financière de 2007-2008 et la situation est comparable à la période post-Seconde Guerre mondiale. La différence "aujourd'hui, c'est que les usines sont intactes, mais personne ne peut travailler. Les rues sont sûres et personne ne sort. Les magasins sont pleins de marchandises, mais personne n'achète".
Les prédictions de reprise fulgurante sont trop optimistes, selon lui, et l'hypothèse d'une chute au plus fort de la crise suivie d'une stagnation est plus probable, à moins que des mesures de relance importantes ne soient adoptées. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a déclaré en avril que le commerce international pourrait chuter de 13 à 32 % en 2020 en raison de la pandémie.

Un chiffre trompeur

Le sultan affirme que l'activité des 82 ports, terminaux et centres logistiques de DP World dans le monde n'a reculé que d'environ 4 % au cours du premier trimestre 2020. Un chiffre "trompeur", dit-il toutefois, soulignant que l'activité de ces dernières semaines était liée à des commandes passées avant la crise. "Qu'est-ce qui va se passer dans les quatre prochains mois ? C'est la question clé. Nous devons surveiller la situation mais nous nous préparons au pire", prévient-il.
Malgré ces sombres perspectives, le PDG de DP World assure que son groupe n'a pas demandé d'aide au gouvernement de Dubaï et qu'il recourra si nécessaire aux marchés pour financer son expansion. Le groupe, présent dans 54 pays, reste avide d'acquisitions à l'international. Déjà l'une des entités les plus rentables du gouvernement de Dubaï, DP World s'est lancé ces dernières années dans une frénésie d'achats, dépensant des milliards de dollars pour acheter des parts dans des entreprises comme P&O Ferries en Grande-Bretagne ou des terminaux au Chili. Son intention est de devenir le premier prestataire mondial de logistique de bout en bout.

"Gagner de l'argent immédiatement"

Sultan Ahmed ben Soulayem assure que son groupe compte investir "même pendant cette crise", "si nous pensons qu'un investissement augmentera nos revenus et générera des profits". "Nous sommes une entreprise qui est devenue une source de revenus pour le gouvernement" et qui doit donc "gagner de l'argent immédiatement", explique-t-il.
Son fief, le port dubaïote de Jebel Ali, a traité 14,9 millions d'EVP. Sa zone franche, filiale de DP World, a contribué à hauteur de 23 % au produit intérieur brut (PIB) de Dubaï l'année dernière. Selon Ahmed ben Soulayem, aucune des 8.000 entreprises qui y sont basées n'est partie à cause de la crise.