De nouveaux horizons pour Weber

Le transporteur haut-rhinois Weber va déménager du fond de sa vallée d’origine vers son début, pour se rapprocher de sa clientèle à la composition récemment revue.

Une longue page de l’histoire de Weber se tourne depuis mi-avril. Le transporteur et logisticien haut-rhinois a entamé la construction de son nouveau site à Cernay, au pied de la vallée sous-vosgienne de la Thur. Cet investissement de 3,5 millions d’euros signifie qu’il déménagera, début 2020, du fond de cette même vallée qui l’a vu naître et grandir depuis 45 ans à l’initiative de Gérard Weber.

Sophie Weber, dirigeante de Weber © Mathieu Noyer
Mais depuis quelques années, la donne a changé, comme l’explique la présidente, Sophie Weber, fille du fondateur décédé prématurément il y a trois ans. "La localisation à Urbès puis Oderen faisait de nous des riverains du col vosgien du Bussang. Elle nous accordait de ce fait une dérogation pour le franchir à toute heure, ce qui constituait un atout concurrentiel pour servir notre clientèle, alors très majoritaire, de sous-traitants automobiles localisés sur les deux versants du massif. Or suite à la crise de ce secteur en 2008-2009, nous avons été amenés à nous diversifier complètement : l’automobile ne représente plus que 4 % de l’activité et nos clients, ou leurs hubs, se situent désormais dans le piémont alsacien des Vosges". Weber avait donc besoin de se rapprocher de la plaine, d’autant plus que la vallée de la Thur souffre d’un engorgement routier chronique. Sa dirigeante a choisi la solution "la plus pratique" pour les 50 salariés, à savoir le bas de la même vallée.

Transport de produits secs

Ce profil de clientèle entièrement revu dessine aujourd’hui le portrait d’un transporteur de produits secs à usages multiples : alimentaire, industriel, matières dangereuses conditionnées, ainsi que les déchets industriels (dangereux et non dangereux) avec une spécificité, l’agrément pour leur flux transfrontalier, en Allemagne et au-delà.
L’entreprise assure l’affrètement et le transport des marchandises, grâce à ses 35 véhicules. Constituée essentiellement de camions bâchés de 44 tonnes, la flotte s’est complétée récemment d’un véhicule "City" de 19 tonnes à essieu directeur en remplacement d’un porteur classique. Le transport représente la grande majorité du chiffre d’affaires situé à 6 millions d’euros l’an dernier. Toutefois, Weber entend s’afficher aussi de plus en plus comme logisticien, à travers sa société sœur, Solog. Le nouveau site de Cernay le dotera d’ailleurs d’une capacité de 4.000 à 5.000 palettes sur 3.000 m2 couverts – dans un premier temps – grâce à sa grande hauteur (stockage jusqu’à 10 mètres). "Nous savons assurer la préparation de commandes, le copacking et le picking et pratiquons l’interface automatique de données avec les clients", souligne Sophie Weber. Le fond de vallée conservera un site de stockage de flux de faible rotation.
Par ailleurs, Weber a élargi ses prestations à des courses dans toute la France et en Europe. Membre d’Evolutrans, il peut s’appuyer sur ce réseau de PME, et sur son émanation pour la distribution de palettes, Volupal.

© Weber