Déconstruction navale : un plan de charge bien rempli pour Le Havre

22/02/2021 Natalie Castetz

Barge fluviale, bacs anglais et navires de la Marine Nationale : le site de démantèlement naval Gardet & de Bézenac du Havre affiche un plan de charge de plus de deux ans.

Depuis fin janvier, les coques rouillées sont peu à peu tractées jusqu’aux quais de stationnement du chantier Gardet & de Bézenac, au Havre. Venus de Brest, Cherbourg et Toulon, les huit patrouilleurs et remorqueurs de la Marine nationale (jusqu’à 50 mètres de long et 5 mètres de tirant d’eau) vont suivre les différentes phases de démantèlement sur le site de Baudelet Environnement (ex-ACH) : dépollution, curage, désamiantage, allègement des coques, positionnement dans la rampe de hissage, équipée de guindeaux permettant de tirer 800 tonnes, déconstruction mécanique à la pelle, dotée d’une cisaille hydraulique. Enfin, chargées sur des péniches, les quelque 3.500 tonnes seront acheminées par voie fluviale jusqu’à des aciéries d’Île-de-France. 

Depuis 2008 : 135 coques démantelées
 
C’est à un marché de trois millions d’euros pour vingt-sept mois de travaux que s'attelle le groupe spécialisé dans la collecte, le traitement et la valorisation des déchets, propriétaire de Gardet & de Bézenac depuis 2016. D’autres coques sont en cours de démantèlement sur le chantier havrais : une barge de 400 tonnes et 80 mètres de long de Touax, et le dernier exemplaire des trois bacs anglais utilisés sur la Tamise par la compagnie Woolwich Ferry, le "James Newman", 56 mètres de long.

Depuis 2008, 135 coques ont ainsi été démantelées. En 2020, 16.000 tonnes de ferraille ont été évacuées par voie fluviale. Cette activité permet de "créer un écosystème industriel sur tout l’axe Seine" se félicite Stéphane Raison, directeur général des ports d’Haropa qui espère voir arriver en Normandie les coques aujourd’hui traitées au chantier de déconstruction Galloo, à Gand, en Belgique.