Dernière ligne droite avant la filialisation de Fret SNCF

À compter du 1er janvier, Fret SNCF se présentera sous le statut de société par actions simplifiées. Cette filialisation est synonyme d’une plus grande autonomie et flexibilité, dans la maintenance de ses matériels par exemple. En raison des enjeux financiers, elle suppose le feu vert de l’Europe.

"Une transformation au service des chargeurs", c’est dans ces termes que Sylvie Charles a présenté la filialisation de Fret SNCF le 20 novembre lors du colloque Objectif OFP à Levallois-Perret.

Sylvie Charles, directrice générale du pôle Transport ferroviaire et multimodal de marchandises de SNCF Logistics © SNCF Logistics
La directrice générale du pôle Transport ferroviaire et multimodal de marchandises de SNCF Logistics y a précisé son périmètre à partir du 1er janvier 2020. Au sein du groupe SNCF qui rassemble de multiples entreprises et métiers dans le fret ferroviaire en France et à l’étranger, la filialisation ne concerne que Fret SNCF et ses activités nationales à l’origine d’un chiffre d’affaires de 808 millions d'euros avec un effectif de l’ordre de 5.500 personnes en 2018. Sous réserve du feu vert des autorités européennes, cette évolution prévoit la reprise de sa dette de 5,2 milliards d’euros et une recapitalisation à hauteur de 170 millions d'euros par le groupe SNCF.

Plus grande autonomie

Assainie, la nouvelle société par actions simplifiées se donne deux ans, soit d’ici fin 2021, pour revenir à l’équilibre. Disposant déjà de comptes séparés depuis les années 90 et de moyens "détourés" depuis 2007, l’autonomie de Fret SNCF "s’en trouvera renforcée avec une maintenance intégrée de ses matériels via la récupération de cinq centres d’entretien. Cette gestion intégrée optimisera le pilotage de notre maintenance, de nos coûts et la fiabilité de nos ressources", assure Sylvie Charles. En parallèle, l’entreprise ferroviaire développera ses services transverses et disposera de son propre certificat de sécurité pour circuler sur le réseau ferré national. Celui-ci "sera mieux adapté à nos activités fret". La directrice générale mise aussi sur une nouvelle approche dans le dialogue social et les conditions de travail des personnels.

Refonte des offres

La filialisation devrait s’accompagner aussi de nouvelles offres commerciales visant à optimiser les capacités de l’entreprise ferroviaire et à répondre à l’évolution de la demande de ses clients. Ces offres s’articuleront autour "du wagon isolé pour les petits lots, le coupon de wagons et le train entier. Sur des axes prédéfinis organisés en tapis roulants industriels, les trains embarqueront indifféremment des wagons de tous les clients". Sur ce principe qui capitalise sur la nouvelle prestation appelée "coupon de wagons", Fret SNCF espère saturer les masses et longueurs de ses trains en mixant wagons chargés, vides et de différentes marchandises.

"Cinq centres de maintenance gérés directement par Fret SNCF"

Cette nouvelle organisation est censée délivrer "plus de souplesse aux clients qui achèteront désormais une capacité et non plus des trains entiers les obligeant à adapter leurs productions et leurs stocks". Parmi les autres gains escomptés, Sylvie Charles cite "la robustesse et la réactivité du plan de transport" grâce à des fréquences de trains plus élevées par axe ("tapis roulants industriels") limitant le déploiement de capacités de secours dédiées à un client. Le lancement de cette offre s’accompagnerait enfin de délais de commandes plus courts : jusqu’à J-1 pour le wagon isolé et jusqu’au 5 de M-1 pour le coupon et le train entier.