Des signes de reprise sur le port de Strasbourg

30/07/2020 Mathieu Noyer

Sans surprise, le trafic du port strasbourgeois a baissé au premier semestre, d’environ 11 %. Mais un effet de rattrapage s’est observé depuis le déconfinement, à confirmer dans la durée.

La vague du coronavirus a touché le port de Strasbourg, mais elle ne l’a pas submergé. L’infrastructure alsacienne, deuxième port intérieur français, subit une baisse de trafic à l’issue du premier semestre : - 11,2 % pour les vracs et - 8,5 % pour les conteneurs. Toutefois, elle observe un rebond qui pourrait contenir l’effet de la crise sanitaire sur l’ensemble de l’année. Ainsi, dans les conteneurs, "les deux premiers mois de 2020 avaient été comparables au début 2019, avant un décrochage jusqu’à un point bas en avril. Mais une vraie reprise s’est opérée en juin : avec environ 30.000 EVP, ce mois en 2020 a été meilleur que celui de 2019", décrit Frédéric Doisy, directeur général délégué du Port autonome.

"Attendre septembre pour avoir une vision plus claire"
Au total, 173.000 EVP ont été manutentionnés de janvier à juin. À 36.500 EVP, le conteneur fluvial est même stable en comparaison de la première partie de 2019. Les volumes chargés s’affichent en hausse de 7,3 %, une évolution cependant annihilée par un recul de 17,7 % des vides. "Celui-ci était anticipé" selon le Port autonome, du fait de la révision de sa politique tarifaire longtemps incitatrice pour les vides, et du ralentissement des flux d’Asie pendant le confinement. Le conteneur ferroviaire limite sa baisse à 3,3 % (34.900 EVP), ayant notamment bénéficié de la libération de sillons de trafic voyageurs, alors que la route diminue plus nettement, à - 12,6 %.

Net recul des matériaux de construction

Le trafic total a représenté 3,42 millions de tonnes sur six mois. Le recul le plus marqué concerne le poste principal : le transport des matériaux de construction a chuté de 19,3 % pour s’établir à 1,66 million de tonnes. Les produits pétroliers, par contre, n’ont pratiquement pas baissé (- 0,7 %, à 626.000 tonnes), de même que les céréales (- 2 %, à 644.000 tonnes). Les engrais et produits chimiques diminuent de 18,3 %, soit un total de 118.700 tonnes alors que les produits métalliques et les objets manufacturés progressent légèrement, respectivement de 3,3 % (109.900 tonnes) et de 3,4 % (261.900 tonnes).

Vigilance sur les basses eaux

"Pour avoir une vision plus claire de l’ensemble de 2020, il faut attendre septembre, au moins", tempère Frédéric Doisy. D’autant plus que l’hydraulicité du Rhin ces prochaines semaines va constituer à nouveau un point de vigilance. Le Port autonome initie un groupe de travail "basses eaux" dans le but de mieux appréhender dans la durée ce phénomène de plus en plus récurrent. "À partir de l’automne, ce groupe partagera les éléments de connaissance et les solutions d’adaptation entre les principaux acteurs public et privés de la voie d’eau", précise Émilie Gravier, directrice du développement et de la promotion. Il associe VNF, l’État, des représentants des opérateurs fluviaux et des chargeurs, dans le cadre d’un programme européen, Clim’Ability Design, doté de 3,7 millions d’euros dont 50 % de fonds Interreg.