Dieppe : une année charnière

Relancé par la région Haute-Normandie en 2007, Dieppe, auparavant port d’intérêt national, se retrouve à la croisée des chemins. Nul ne sait très bien encore ce qu’il ressortira de la fusion annoncée avec Ports Normands Associés ni du Brexit et ses répercussions sur les échanges transmanche. Sans négliger l’avenir des trafics liés à l’usine Saipol en partie détruite par un incendie.

Déclaré moribond par l’État au début des années 2000, le port de Dieppe a su rebondir en dix ans sous l’impulsion, notamment financière, des instances régionales. La fusion des deux Normandie a redistribué les cartes.

PNA et SMPD

Président de la nouvelle collectivité, Hervé Morin a très tôt souhaité un improbable rapprochement entre les structures portuaires qu’il préside de fait : Ports Normands Associés (PNA) réunissant déjà Caen et Cherbourg et le Syndicat mixte du port de Dieppe (SMPD). Cette fusion-absorption sera effective à la fin de l’année, sans les soubresauts sociaux qu’on pouvait craindre, les Dieppois ayant obtenu le maintien d’une exploitation en régie. Mais quid du transmanche ? La liaison Dieppe-Newhaven, qui bénéficie annuellement d’un soutien départemental de plus de 25 millions d’euros et vient d’être réattribuée pour son exploitation à DFDS Seaways France sous forme d’une nouvelle délégation de service public (DSP) de cinq ans résistera-t-elle mieux que les lignes bas-normandes opérées par le privé (Brittany Ferries), avec le soutien indirect de collectivités ? Le tout dans un contexte de Brexit incertain dans ses modalités ?

"Les pales d’éoliennes terrestres, génératrices de valeur ajoutée"

Autre événement marquant de l’année en cours : le dramatique incendie de l’usine Saipol, en grande partie détruite le 17 février dernier. L’unité de production d’huiles et de tourteaux du groupe Avril était l’un des principaux chargeurs du port et son devenir reste incertain. Dans ce contexte, Dieppe continue de tirer son épingle du jeu avec un trafic global à 1,13 million de tonnes fin août (- 10,3 %). Après huit mois, le transmanche était étonnamment stable avec près de 280.000 passagers transportés et près de 952.000 tonnes de fret échangé. Les entrées de graves de mer étaient très en retrait (- 34,7 %) à 126.000 tonnes, avec seulement 16 escales contre 26 en 2017. Mais les arrivées de pales d’éoliennes terrestres à destination de la moitié Nord de la France, génératrices de valeur ajoutée pour les opérateurs portuaires, poursuivaient leur progression (+ 6,83 %) à 37.540 tonnes.