Dunkerque, port sidérurgique… et éolien ?

Les trafics liés à la sidérurgie constituent l’essentiel des trafics manutentionnés en breakbulk au port de Dunkerque, qui voit aussi augmenter les exportations de sucre et envisage des développements dans l’éolien offshore.

Au Grand Port maritime de Dunkerque (GPMD), les terminaux à marchandises diverses (non conteneurisées) du port Est ont chargé en conventionnel 1,14 Mt de marchandises en 2018, soit un tonnage équivalent à celui réalisé en 2017. Accessibles aux navires jusqu’à 100.000 tonnes et 13,4 mètres de tirant d’eau, ces terminaux, situés derrière l’écluse Charles-de-Gaulle, manutentionnent cuivre, tuyaux, bois, produits manufacturés… auxquels s’ajoutent des exportations de sucre, qui ont doublé par rapport à 2017 pour atteindre 122.000 tonnes en 2018.

Le sucre, une filière importante

"Le sucre est une filière importante, dont les chargements en conventionnel ont tendance à croître, les taux de fret semblant plus intéressants qu’en conteneurs", explique Isabelle Devinne, chargée d’affaires spécialisée dans le breakbulk au port de Dunkerque, qui précise que le manque de disponibilité des conteneurs de 20 pieds, adaptés au transport de sucre, joue peut-être aussi dans l’engouement pour le chargement de cette marchandise en conventionnel.
Au trafic de 1,14 Mt du port Est, il faut ajouter 965.148 tonnes également chargées en conventionnel au terminal sidérurgique du port central. En effet, si Dunkerque, depuis la fermeture des raffineries, n’est plus le grand port pétrolier qu’il fut par le passé, il demeure une référence en France pour l’industrie sidérurgique. Bobines, rouleaux dévidoirs, tôles, plaques et brames transitent par ce terminal sidérurgique, avec cependant une baisse de 8,7 % pour ces trafics breakbulk par rapport à 2017.
Un nouveau trafic de marchandises diverses pourrait prendre son essor au GPMD : celui lié aux éoliennes. Un champ d’éoliennes offshore doit en effet être installé en 2022 en mer du Nord, au large de Dunkerque, et le port pourrait servir de base arrière pour le montage, l’installation et l’exploitation de ces éoliennes.

"Une base arrière pour le montage, l’installation et l’exploitation des éoliennes"

"Nous avons déjà eu des éoliennes sur Dunkerque dans le passé, notamment au port Est, précise Isabelle Devinne. Nous avons donc les capacités nécessaires en ce qui concerne les transports purs et le stockage temporaire à quai. Pour aller plus loin, développer l’activité et se positionner sur cette filière, nous proposons aujourd’hui aux acteurs du secteur des sites de montage. L’un d’eux, notamment, concerne la reconversion d’un site industriel dans la partie Est du port avec accès direct au quai Freycinet 13 et à la darse 6, la darse spécialisée dans les colis lourds. Cette solution a l’avantage de l’extrême proximité du quai, et de proposer une surface très importante pour l’installation pérenne d’une activité complète. Les synergies sont évidentes avec les industries existantes situées dans la même zone. En marge des possibilités d’installations des sites de montage, un site de maintenance serait également mis en place à proximité de la darse 6".
Le résultat de l’appel d’offres pour l’installation du champ d’éolienne dans la partie française de la mer du Nord, au large de Dunkerque, doit être dévoilé en juin 2019.