Encore des incertitudes sur les accès de la liaison ferroviaire Lyon-Turin

25/05/2021 Érick Demangeon

L’Union européenne a décidé d’augmenter son financement au projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin. Les acteurs économiques de la région Auvergne Rhône-Alpes appellent les pouvoirs publics français à profiter de cette décision pour accélérer les chantiers des voies d’accès à la future liaison.

Fin mars, l’Union européenne a confirmé sa décision d’augmenter son financement en faveur de la liaison ferroviaire Lyon-Turin. De 40 %, son soutien financier passerait entre 50 à 55 % dans le cadre du nouveau Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) pour la période 2021-2027. Cette décision sera actée officiellement lors de la validation du nouveau MIE prévue cet été. 

Celle-ci s’appliquerait au tunnel de la liaison ferroviaire ainsi qu’à ses voies d’accès en Italie et en France. Pour le seul tunnel de base de 57,5 km évalué à 8,6 milliards d’euros, la part de l’Europe s’élèvera alors à 4,5 milliards d’euros, le solde étant financé par l’Italie (entre 2,3 et 2,4 milliards) et la France (entre 1,7 et 1,8 milliard).

Quid des voies d’accès

La volonté de l’Europe de financer une part plus importante du projet a été saluée lors d’un webinaire organisé par les CCI de la région Auvergne Rhône-Alpes le 6 mai. Le calendrier pour la réalisation du tunnel de base y a également été confirmé. Sa mise en service pourrait intervenir en 2030, époque à laquelle 20 % en serait déjà achevé. 

Le tunnel ferroviaire Lyon-Turin pourrait capter un tiers du trafic alpin de poids lourds entre la France et l’Italie

Le flou demeure en revanche à propos de ses voies d’accès dont la programmation est toujours incertaine côté français (190 km). "La construction de la ligne d’accès de Lyon à Saint-Jean-de-Maurienne et les adaptations nécessaires autour de Lyon risquent de ne pas être achevées à temps", alerte Pierre Jamet vice-président de l’association La Transalpine. 

Quels que soient les scenarii à l’étude, les acteurs économiques des deux côtés de la frontière demandent que "les gabarits de ces voies soient adaptés à celui du tunnel de base pour optimiser la massification des flux et le report modal de la route vers le rail".

Un atout pour les ports sud-européens

Sur un trafic annuel de trois millions de poids lourds transitant par les Alpes entre la France et l’Italie, la liaison ferroviaire Lyon-Turin pourrait en capter un million. Ce report modal éviterait l’émission d’au moins deux millions de tonnes de CO2 selon La Transalpine. D’ici 2030, la construction du tunnel de base ainsi que de ses voies d’accès serait à l’origine de 16.000 emplois directs et indirects ainsi que de plusieurs milliers d’emplois induits. 

La liaison est également présentée comme un moyen de rééquilibrer les dessertes ferroviaires des ports de Marseille-Fos, Gênes, Barcelone et Valence par rapport à celles des ports du nord de l’Europe. Cette amélioration s’accompagnerait d’une concurrence accrue entre ces ports sud-européens reconnaît Cecile Avezard présidente de Medlink.