Eurostar a assez de trésorerie pour tenir un an

01/06/2021 AFP

Laminée par la crise sanitaire et exsangue, la compagnie transmanche Eurostar a annoncé le 18 mai 2021 un plan de refinancement de 250 millions de livres qui devrait lui permettre de tenir jusqu’au redémarrage de l’activité.

Eurostar, filiale à 55 % de la SNCF, a assez d'argent en caisse pour tenir jusqu'à mi-2022. L'accord de financement de 250 millions de livres (290 millions d'euros) récemment conclu avec ses actionnaires et ses banques "permet de tenir jusqu'à la fin du 1er trimestre 2022 si les choses ne s'amélioraient pas du tout", a indiqué Jacques Damas directeur général d’Eurostar. "Nous avons le ballon d'oxygène qui nous permet de redémarrer" avec cet argent qui a permis à l’entreprise d'éviter le dépôt de bilan. "L'important maintenant, c'est que nous redémarrions", a-t-il souligné. "Et pour redémarrer, il faut de l'exploitation", a-t-il insisté, n'excluant pas une baisse des tarifs.

"Depuis le début de la pandémie, notre chiffre d'affaires a été divisé par vingt en moyenne", a déploré le responsable. Jacques Damas considère que les nouvelles mesures prises par la France qui impose depuis le 31 mai 2021 une quarantaine aux voyageurs venus du Royaume-Uni, "sont a priori de durée réduite".

La moitié du service normal à la rentrée 2021

Eurostar a remis en route le 27 mai un deuxième aller-retour quotidien Paris-Londres, "et nous avons déjà ouvert les ventes pour un troisième aller-retour à compter du 28 juin pour toute la saison d'été", a-t-il noté, promettant qu'Eurostar "n'annulera pas ces trains quoi qu'il arrive". Il espère avoir à la rentrée "la moitié de [son] service normal" d'une quinzaine d'allers-retours Paris-Londres par jour. Quant à un retour au "statu quo ante bellum", "c'est le virus qui le dira", a-t-il reconnu.

Outre la SNCF, Eurostar est détenue à 40 % par le consortium Patina Rail – composé pour 30 % de la Caisse de dépôt et placement du Québec et 10 % du fonds britannique Hermes Infrastructure – et à 5 % par la SNCB. Au bord de la faillite, la compagnie a annoncé le 18 mai 2021 un plan de refinancement comprenant un apport de 50 millions de livres de capitaux propres par ses actionnaires, un emprunt de 150 millions garanti par ces mêmes actionnaires et 50 millions de facilités de crédit existantes restructurées.