Fluidifier et sécuriser, un enjeu majeur pour le port du Havre

03/06/2021 Natalie Castetz

A l’heure de la fusion des ports de l’axe Seine au sein d’Haropa, le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt en visite au Havre, veut répondre aux attentes des acteurs économiques.

Le 27 mai est un jour à marquer d'une pierre blanche pour Soget. A la veille de la création de l’établissement unique portuaire Haropa, effective le 1er juin, l’entreprise havraise a annoncé déployer sur tout l’axe Seine sa dernière génération de PCS, la plateforme numérique collaborative S)ONE. Et ce même jour, le leader mondial des systèmes d’informations portuaires a accueilli Olivier Dussopt. Le ministre délégué chargé des Comptes publics a voulu visiter deux entreprises du port du Havre lors d'un déplacement "consacré à l’engagement permanent de la douane dans l’activité économique du port et dans la lutte contre les trafics en milieu portuaire". 

Pour son dirigeant Hervé Cornède, cela a été l'occasion d’aligner les atouts de Soget qui gère plus de 200 millions de messages par an avec 25.000 utilisateurs quotidiens dont 7.000 sur l’axe Seine. Et de rappeler les enjeux majeurs : "l’accélération du passage de la marchandise, la sécurisation de la chaîne logistique, la simplification des process". 

Améliorer la cohérence entre les systèmes

L’entreprise veut passer à la vitesse supérieure. Soget a notamment créé avec son ancien concurrent MGI le groupement d’intérêt économique (GIE) France PCS, qui travaille avec les services de l’État au service de la compétitivité du "pavillon France". Différents projets sont en cours : France Sesame, un point de contact unique numérique pour le passage frontière des marchandises, le déploiement du Guichet unique maritime français, l’observatoire national de la performance portuaire. Soget souhaite aussi "retravailler avec les douanes dans le cadre du Brexit sur des modules complémentaires" et améliorer "la cohérence entre les systèmes". Avec un objectif affiché : "Que tout soit le plus simple possible pour le client".

"Que tout soit le plus simple possible pour le client"

Chez une autre entreprise phare du Havre, l’un des leaders mondiaux de la logistique alimentaire sous températures dirigée, le ton était nettement moins joyeux. Éric Barbé n’a pas mâché ses mots. Le patron de Seafrigo spécialisé de l’alimentaire, les produits frais et surgelés, les vins et spiritueux, 1.200 collaborateurs, plus de 200.000 m2 d’entrepôts sur les cinq continents et 480 millions d’euros de chiffre d’affaires, a évoqué le problème de la pénurie des conteneurs mais surtout, "les goulots d’étranglement liés aux problèmes des contrôles phytosanitaires des conteneurs, avec des barrières physiques qui me font perdre 30 % de mes activités à l’export". 

Simplification et de rationalisation

Le groupe vient d’acheter une société à Anvers. "On va diriger nos marchandises à Anvers parce qu’il faut les faire partir." Et Seafrigo qui traite en moyenne 1.000 conteneurs par semaine, opérateur économique agréé déclarant les marchandises, évoque la présence (comme à Melbourne où il est implanté) de personnels des entreprises qui sont des agents assermentés pouvant effectuer ces contrôles.

Olivier Dussopt en a pris note. Le ministre a insisté sur l’aide de l’État à Haropa, soit 1,4 milliard d’euros d’ici 2027 avec "45 millions d’euros inscrits dans le plan de relance qui vont accélérer les investissements d’ici 2022". Un nouveau scanner d’inspection aux rayons X pour les douanes, d’un montant de 2 millions d’euros, va prochainement compléter les deux scanners mobiles. Enfin, "dans un souci de simplification et de rationalisation", les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) seront transférés à la douane du Havre.