Getlink reste optimiste malgré la Covid-19 et le Brexit

12/11/2020 Jean Liou

L'exploitant du tunnel sous la Manche, "fait le dos rond" pendant la crise du coronavirus et pense que le Brexit n'empêchera pas son trafic de rebondir, explique son nouveau directeur général Yann Leriche.

Dans le contexte actuel de pandémie, Yann Leriche, le nouveau directeur général de Getlink, fait remarquer que le trafic du Shuttle (la navette ferroviaire empruntant le tunnel sous la Manche) n'est en recul "que" de 50 % en septembre et octobre pour les véhicules individuels. "Évidemment, la moitié ce n'est pas ce qu'on souhaite", mais c'est beaucoup mieux que ce que font actuellement les ferries, les trains et les avions sur les liaisons transmanche, relativise-t-il. Le nouveau patron du groupe attend donc patiemment la fin de la pandémie. Il note que le recul avait été réduit à 5-10 % pendant la courte embellie de l'été, avec même des records de réservations certains jours, avant l'annonce d'une nouvelle quarantaine britannique en août.

Des automobilistes dans leur bulle

"Cela reflète l'attrait du service : à la fois vert, rapide et fiable", dit-il. Signe de cette confiance dans un futur rebond, l'action Getlink a pris 14,9 % le 9 novembre, quand Pfizer a annoncé être bien parti dans sa mise au point d'un vaccin contre la Covid-19. En attendant, les automobilistes sont isolés lorsqu'ils passent sous le Pas-de-Calais, en sécurité dans leur voiture. "Ils ne vont pas attraper le virus en traversant parce qu'il n'y a pas de contact. Ils sont dans leur bulle", assure-t-il. Pendant ce temps, le trafic du train à grande vitesse Eurostar s'est effondré, réduisant les droits de péage que touche Eurotunnel, la branche de Getlink qui exploite le tunnel sous la Manche. "Sur la partie fret, nos trafics se maintiennent bien malgré la Covid. On a fait en septembre 2 % de trafic de plus que l'an dernier. C'est incroyable !", s'enthousiasme Yann Leriche.
Quant au Brexit, "les économies sont tellement imbriquées (...), les choses ne vont pas s'arrêter du jour au lendemain", remarque-t-il, soulignant que Getlink a investi dans un système de déclaration en douane automatisé. "Eurotunnel est d'ailleurs prêt pour le Brexit depuis mars 2019, rappelle-t-il. Face à la pandémie, le premier objectif de la direction est de "préserver l'entreprise, préserver les emplois", en réduisant les coûts, en mettant des employés en activité partielle et en les formant pour assurer des tâches qui étaient jusqu'à présent externalisées. "On fait le dos rond. On se met en ordre de bataille pour passer cette période le mieux possible et être prêt pour le redémarrage", résume Yann Leriche.