Grand Est : un premier panorama du transport-logistique

Une étude sur le transport et la logistique dresse pour la première fois une vision à l’échelle de la nouvelle région Grand Est des forces du secteur et de ses faiblesses.

L’Observatoire régional du transport et de la logistique (ORT&L) procure la première vision du fret à l’échelle de la nouvelle région Grand Est, formée par l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne.
Le positionnement géographique avantageux est bien appuyé par l’offre de services, selon ce document. À partir du Grand Est, 20 % du PIB européen est joint en une demi-journée de transport routier. Les infrastructures routières assurent une bonne irrigation des couloirs européens Nord-Sud, mais elles sont menacées par l’asphyxie. L’étude insiste sur la richesse de l’infrastructure ferroviaire en fret : 202 ITE (installations terminales embranchées) représentant un ratio de 5 par 100 km cependant conforme à la moyenne nationale, mais aussi 650 km de lignes capillaires exploitées, soit 20 % du total français qui transportent quelque 2,8 millions de tonnes par an, soit une sur six en France. Le conseil régional s’est engagé dans leur pérennisation et leur modernisation.

Modes alternatifs en force

Enfin, l’importance du réseau fluvial à grand gabarit comparativement au reste de l’Hexagone est rappelée à juste titre. Au cumul des ports intérieurs du Grand Est, l’ORT&L a comptabilisé 102 quais dont 65 privés, qui permettent notamment la jonction de Rotterdam et Anvers en J+3 et de se connecter à la Meuse et à la Seine. Au total, la région développe un système de transport de fret "plus diversifié et plus vertueux", observe l’étude : "16 % des transports s’opèrent par mode alternatif à la route soit le double de la moyenne française".

"Au cumul des ports intérieurs du Grand Est, l’ORT&L a comptabilisé 102 quais dont 65 privés"

Plusieurs nouvelles plateformes et terminaux livrés ou en projet confortent la culture du multimodal de la région, à l’exemple de celui du port de Strasbourg à Lauterbourg.

Entrepôts vieillissants

Au chapitre de l’emploi-formation Les 126.000 effectifs régionaux en transport-logistique se renouvellent non sans problèmes. C’est l’un des points de vigilance soulevé. En 2016, 36 % des 8.000 recrutements étaient jugés "difficiles" par les entreprises, avec une pointe à 50 % pour les postes de conducteurs routiers.
Un autre enjeu concerne l’offre logistique. Huit millions de mètres carrés d’entrepôts ont certes été construits de 1990 à 2015 mais ils deviennent vieillissants et ils sont fortement concentrés géographiquement (70 % se trouvent dans les quatre principaux des dix départements du Grand Est). Le taux de plateformisation de 22 %, c’est-à-dire la part des zones d’activités planifiées pour accueillir de la logistique, est en retard de 7 % par rapport au national, ce qui handicape la région dans sa capacité à capter des projets logistiques d’origine extérieure à son territoire.