Guadeloupe : concilier développement portuaire et protection de la biodiversité

Si l’ouverture des nouvelles écluses du canal de Panama n’a pas encore généré de nouveaux trafics, conteneurs et croisières demeurent deux priorités pour le Grand Port maritime de Guadeloupe. Pour améliorer son attractivité, ses aménagements se conjugueront de plus en plus avec une biodiversité préservée.

Longtemps subie, la dimension environnementale dans les projets portuaires des Antilles françaises est prise en compte très en amont désormais. En témoigne le programme Cayoli présenté le 29 novembre à Paris lors d’une réunion organisée par l’Union des ports de France autour des développements portuaires en Guadeloupe et en Martinique.

Yves Salaün, directeur du Grand Port maritime de Guadeloupe © GPMG
"Lancé en 2016 et d’une durée de quinze ans, le programme Cayoli rassemble nos actions et mesures de protection de la biodiversité. À ce titre, il réinvente la gestion des aménagements portuaires à moyen et long terme autour de trois principes : gérer (restaurer et préserver), éviter (réduire et compenser), anticiper", précise Yves Salaün, directeur du Grand Port maritime de Guadeloupe. Cette initiative est d’ores et déjà à l’origine de résultats probants dans la préservation et la culture de coraux par exemple ou le développement de pépinières d’herbiers. "Depuis 2016, le GPMG y a investi plus de 4 millions d’euros et est devenu le premier producteur de données sur la biodiversité et les habitats marins de l’archipel".
 
Conteneurs et croisières


Cette nouvelle expertise est également à l’origine de nouvelles activités avec le développement d’une ingénierie, que le GPMG ambitionne de commercialiser, ou la création de nouvelles formes d’écotourisme et de circuits éducatifs pour les jeunes. Au-delà, elle est au service des nouveaux projets d’aménagement du port. "Avec la biodiversité, ils concernent la croisière et le conteneur, en transbordement en particulier". L’an passé, le GPMG a traité 3,7 millions de tonnes, un trafic stable par rapport à 2016. En baisse de 1,2 %, les flux conteneurisés se sont établis à près de 210.000 EVP dont 30 % environ en transbordement (- 8 %). Dans le même temps, les passagers ont progressé de 7 % pour atteindre 1,196 million de voyageurs dont 27 % de croisiéristes portés par une croissance de 21 % du nombre de paquebots en escale. "À l’échelle des trois GPM Antilles-Guyane, le trafic 2017 consolidé s’élève à 7,5 millions de tonnes, 427.700 EVP dont 20 % environ en transbordement, et à 1,8 million de passagers dont 45 % de croisiéristes en forte augmentation depuis 2011. Avec 80.000 EVP en 2017 et proche des 100.000 EVP cette année, le potentiel de conteneurs en transbordement sur notre zone est pour l’heure quasiment atteint", analyse Yves Salaün.

Projets portuaires ambitieux

Pour accompagner ces activités, le GPMG réceptionnera avant la fin de l’année un quatrième portique à conteneurs et prévoit la mise en service dès l’an prochain d’un nouveau terre-plein de 2 hectares gagnés sur la mer. Parmi les autres travaux programmés à Jarry-Baie Mahault figurent la restructuration et l’extension du parc reefer d’ici 2020 et l’extension à 700 mètres du quai à conteneurs d’ici 2021.

"Lancé en 2016, le programme Cayoli rassemble nos actions et mesures de protection de la biodiversité"

À Pointe-à-Pitre, le projet "Karukera Bay" prévoit la reconstruction et la relocalisation du siège de l’établissement portuaire en 2021 suivies de l’aménagement d’un nouvel ensemble commercial en 2022 et d’un nouveau terminal à croisières en 2024. Le succès et l’acceptation de cette feuille de route sont étroitement liés à la réussite du programme Cayoli dans un ensemble Antilles-Guyane appelé à davantage mutualiser leur démarche commerciale sous une marque commune ainsi que leurs recherches en matière de biodiversité, d’économie et d’exploitation portuaire.