Hervé Martel a pris ses premières marques au port de Marseille-Fos

Trois semaines après son arrivée à la barre du Grand Port maritime de Marseille, au titre de président du directoire (par intérim), Hervé Martel a déjà pris ses marques. Parmi les dossiers qu'il a examinés de près, certains entrent dans le cadre du prochain projet stratégique 2019-2023.

Questions environnementales, numérique, infrastructures, dessertes ferroviaires, coopération interportuaire… En trois semaines, s'il n'a pas encore eu le temps d'analyser de près tous les dossiers qui l'attendent, Hervé Martel, qui vient de succéder à Christine Cabau-Woehrel à la présidence du directoire du Grand Port maritime de Marseille, s'est déjà fait une opinion sur les grandes thématiques. Prendre la barre du premier port de France est, selon lui, "un défi qui l'a attiré".

GNL : "Le port devrait être prêt en 2021"
Hervé Martel, nouveau directeur du port de Marseille-Fos © VJC

En matière de transition écologique, il estime que "le port de Marseille et ses acteurs ne sont pas en retard". Il évoque à cet égard le GNL, le carburant vers lequel se sont déjà tournés le groupe CMA CGM pour certains de ses porte-conteneurs et des armateurs de croisières pour leurs premiers paquebots. Sur ce dossier, il indique la nécessité de disposer localement d'un avitailleur. Selon lui, "rien n'est arrêté". Mais le port de Marseille-Fos "devrait être prêt en 2021".
Il souligne également le branchement électrique à quai (Cenaq) auquel ont recours La Méridionale et plus récemment Corsica Linea. Un sujet sur lequel le port phocéen travaille avec celui de Tunis.

Coopération interportuaire : "le GIE est une bonne solution "

En matière de coopération portuaire, l'ex-dirigeant du Grand Port maritime du Havre (GPMH), affirme avoir été "le moteur de l’axe Seine". Il explique en outre que le GIE Haropa regroupe trois ports complémentaires, ne présentant pas de concurrence". Selon lui, avec le réseau de plateformes portuaires Méditerranée-Rhône-Saône Medlink Ports, le phénomène est identique. Il se dit persuadé qu'il faut savoir trouver "une coopération gagnant-gagnant". Il ajoute que "le GIE est une bonne solution".
Hervé Martel rappelle la stratégie nationale qui avait été annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe et sur lequel travaille actuellement Élisabeth Borne, la ministre chargée des Transports. Il estime que le futur dispositif, qui prévoit trois systèmes portuaires, apportera "une complémentarité aux ports nationaux".


Toujours en matière de coopération interportuaire, il évoque également Medports, l’institution méditerranéenne fondée par Christine Cabau-Woehrel. À ses yeux, en Méditerranée, "les ports ont des choses à se dire. On reste sur des territoires imbriqués. Le bassin méditerranéen fait sens".
Depuis son arrivée, le nouveau président du directoire du GPMM a déjà ouvert le dossier des dessertes multimodales du port. Lui qui avait dû étudier de près au Havre le projet Serqueux-Gisors et s'impliquer dans l'ouverture de la navette ferroviaire franco-suisse en partenariat avec Marseille, ne découvre pas le report modal. Il évoque le fonctionnement de la ligne ferroviaire Vergèze-Fos.
En dépit de journées trop courtes, a-t-il reconnu, mais qui lui ont déjà permis de rencontrer les représentants des collectivités locales, les partenaires sociaux et les manutentionnaires (dans le cadre d’une réunion avec le Semfos), il se dit prêt "à rencontrer tout le monde".
Hervé Martel, qui sera confirmé dans ses fonctions de président du directoire lors d’un conseil de surveillance prévu fin mai, indique que le projet stratégique 2019-2023 sera présenté en conseil fin juin. Il précise également qu’il souhaite conserver la présidence de l’Union des ports de France (UPF).