IAG doit lever des fonds pour passer la crise

04/08/2020 Jean-Baptiste Oubrier

Le groupe IAG a publié une perte nette de 3,8 milliards d'euros au premier semestre et entend lever des fonds pour faire face à la crise du transport aérien.

IAG, propriétaire de British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus et Level, a été frappé comme l'ensemble du secteur par la pandémie et les mesures prises pour enrayer la propagation du virus. Son chiffre d'affaires a fondu de moitié à 5,3 milliards d'euros au cours des six premiers mois de l'année en raison de l’arrêt forcé d'activité.
"Toutes les compagnies aériennes d'IAG ont essuyé des pertes importantes. En raison des restrictions des gouvernements, notre trafic de passagers au deuxième trimestre a chuté de 98,4 %", remarque le directeur général Willie Walsh. "Nous constatons que le demande se reprend quand les restrictions des gouvernements sont levés", a-t-il ajouté. Cette crise sans précédent pousse le groupe à se restructurer en profondeur, avec notamment la suppression déjà annoncée de 12.000 emplois chez British Airways.

Réduction des coûts

IAG estime qu'il faudra attendre au moins 2023 pour que la demande retrouve ses niveaux de 2019. Le groupe a repris progressivement ses vols mais n'a eu de cesse de critiquer la quarantaine imposée par le gouvernement britannique aux voyageurs en provenance de certains pays, au point même d'attaquer la mesure en justice aux côtés d'EasyJet et Ryanair.
Le Royaume-Uni a d'ailleurs ajouté par surprise dans sa liste l'Espagne depuis dimanche, une destination très prisée des Britanniques pour les vacances d'été. "Les gens qui ont des réservations semblent continuer à voyager de et vers l'Espagne", a toutefois mis en avant Willie Walsh.
En attendant une franche reprise du trafic, le groupe entend réduire ses coûts de manière drastique et la taille de ses différentes compagnies aériennes. Le groupe cherche en outre à rediscuter les termes de l'acquisition prévue de la compagnie espagnole Air Europa, annoncée fin 2019 pour un milliard d'euros.

Recherche de financements

IAG est dans l'obligation de renforcer ses finances d'où son projet dévoilé vendredi d'augmenter son capital de 2,75 milliards d'euros, ce qui devra être approuvé par les actionnaires réunis en assemblée générale le 8 septembre. "Qui va soutenir IAG durant le pire moment de son histoire ? Le secteur aérien a un besoin désespéré d'argent pour traverser une période très difficile et les investisseurs vont prendre un risque considérable en participant à son émission d'actions", prévient Russ Mould, analyste chez AJ Bell.
Qatar Airways, son principal actionnaire avec 25,1 % du capital, s'est déjà engagé à participer à l'opération au prorata de sa participation, précise IAG.
Ces dernières semaines, le groupe avait déjà obtenu un prêt de 300 millions de livres des pouvoirs publics au Royaume-Uni et a étendu son partenariat commercial avec l'émetteur de cartes de crédit American Express, ce qui va lui permettre de recevoir 750 millions de livres.

En attendant le retour de la demande

Au total, il a réduit ses dépenses d'investissement de 1,5 milliard d'euros en 2020 par rapport à ce qui était prévu. Il a notamment repoussé à 2022 la livraison de 68 nouveaux appareils et a décidé de retirer de sa flotte plus tôt que prévu ses Boeing 747, surnommés "Jumbo Jets" compte tenu de sa taille énorme.
Mais au-delà des mesures d'économies, comme le rappelle Russ Mould, l'avenir du secteur aérien sera surtout dépendant "du coronavirus et des décisions des gouvernements sur les restrictions aux voyages, les quarantaines et les confinements en cas de reprise" de la pandémie.
En outre, selon l'analyste, IAG réalise une bonne partie de son chiffre d'affaires grâce à une clientèle d'affaires qui pourrait décider de limiter les déplacements désormais compte tenu des nouvelles habitudes prises avec les réunions en visioconférence.