IAG voit fondre son bénéfice au premier trimestre

IAG a annoncé a vu son bénéfice net fondre de plus de 90 % au premier trimestre, affecté par un renchérissement du prix du kérosène et un marché défavorable en Europe.

Le groupe IAG, maison mère de British Airways (BA) et Iberia entre autres, avait enregistré un bénéfice net de près de 800 millions d'euros au premier trimestre 2017, gonflé alors par un énorme gain de près de 700 millions d'euros lié à une réforme du plan de retraite de BA.
Ce résultat a presque totalement fondu, pour atteindre 70 millions d'euros de janvier à mars 2018. IAG n'ayant cette fois-ci pas profité d'un tel coup de pouce, sa rentabilité a plongé d'autant que les conditions de marché ont été loin d'être favorables par ailleurs.

Surcapacité en Europe

Le groupe a fait les frais d'un renchérissement de sa facture de carburant qui a bondi de 15,8 % lors de ce trimestre sur un an. Cette dernière a flambé non pas en raison des prix du pétrole eux-mêmes, mais plutôt du fait d'une appréciation du dollar et d'effets liés à des couvertures financières.
Dans le même temps, IAG a certes enregistré une hausse de 5,9 % à 5,3 milliards d'euros de son chiffre d'affaires, mais a subi un repli de 0,8 % du revenu par passager transporté au kilomètre parcouru (PKT). Le groupe y voit l'effet d'un marché difficile pour les voyages aériens en Europe, notamment en raison d'un calendrier défavorable et de capacités trop importantes pour la demande.
Le groupe, qui compte au total cinq compagnies aériennes, la britannique British Airways, les espagnoles Iberia et Vueling, l'irlandaise Aer Lingus ainsi que la dernière née à bas coût Level, a transporté 24,4 millions de passagers au premier trimestre, en hausse de 6,2 % sur un an.

Vers un été serein

Au cours du trimestre, "les compagnies aériennes ont été très affectées par des vents contraires relatifs au carburant et aux taux de change, par des capacités de marché moins rentables et le calendrier de Pâques", tombé au deuxième trimestre cette année, souligne Willie Walsh, directeur général d'IAG. Deux de ses grands concurrents, Lufthansa et Air France-KLM, ont été affectés par les mêmes maux en ce début d'année, entraînant dans leur cas des pertes au premier trimestre.
Le patron d'IAG se félicite d'ailleurs que son groupe soit "resté rentable" en début d'année, tout en dévoilant néanmoins des objectifs prudents pour l'ensemble de l'exercice 2019. La holding prévoit un bénéfice opérationnel hors éléments exceptionnels stable pour l'année et n'attend pas de hausse de ses recettes par passager sur l'exercice, même si ces dernières devraient s'améliorer au fil des mois.
"Le Brexit pèse sur la valeur et l'impact de la sortie de l'UE ne se fera pas sentir tout de suite puisqu'elle a été reportée à octobre", note David Madden, analyste chez CMC Markets, ce qui permet d'aborder plus sereinement la cruciale période d'été.