Immobilier logistique : la région lyonnaise au bord de la saturation

15/09/2020 Pierre Lemerle

En pleine crise du Covid-19, le marché lyonnais affiche ses limites. Saturé, il fait craindre, à terme, un départ d’industriels vers d’autres horizons.

C’est une situation quasi paradoxale. En pleine crise économique, le marché de l’immobilier logistique se porte à merveille en région lyonnaise, du moins pour les propriétaires. En deux ans, le loyer au mètre carré a augmenté de 10 %, d’après Arthur Loyd Logistique, atteignant des niveaux jamais atteints en 2020. Preuve du dynamisme du bassin, cette réalité pourrait, à terme, éloigner de potentiels investisseurs.
L’activité avait pourtant repris au ralenti en 2020, avant même la crise du Covid-19. "Après deux années exceptionnelles, nous avions remarqué un ralentissement conjoncturel", commente Laurent Lamatière consultant pour Arthur Loyd Logistique. Presque stoppées par le confinement, de nouvelles transactions sont vite arrivées après celui-ci.

En dix ans, dix fois moins de foncier

Durant l’été, plusieurs dossiers ont vu le jour. Des prébaux ont été signés pour un bâtiment de 44.000 m2 à Saint-Quentin-sur-Fallavier et un autre, en discussion, de 50.000 m2, à Saint-Laurent-de-Mure. Des projets logistiques importants et lancés très rapidement, constate le spécialiste en immobilier juridique.
Pour lui, même sans le confinement, l’année 2020 n’aurait pas été aussi bonne que les précédentes. "Le marché lyonnais est très tendu au niveau de l’offre, rappelle Laurent Lamatière. Il est difficile de mettre du foncier sur le marché". Selon Arthur Loyd, l’offre à commercialiser sous six mois, au 30 juin, s’établissait à 122.000 m2 en région lyonnaise, majoritairement à Saint-Quentin-Fallavier. Avec le projet de cet été, le total diminue à 70.000 m2. Le taux de vacance de l’immobilier logistique est proche de zéro, selon le spécialiste.

Des chantiers en cours

"Le dynamisme de la région est réel, commente encore Laurent Lamatière. Mais si ce problème d’offre persiste, on ne pourra pas trouver de solutions pour les clients." Les industriels risquent donc d’aller voir ailleurs. Des chantiers sont cependant toujours en cours. L’arrivée de Virtuo à Miribel (construction d'un bâtiment en blanc de 36.000 m2), celle de Aviva-Assurance à Saint-Quentin-Fallavier (12.000 m2) ou encore le projet de requalification de la foncière britannique Segro (100.000 m2 pour trois bâtiments), également localisé dans la commune iséroise, en font partie. "Mais ces projets ont été initiés il y a deux ans", souffle le consultant d’Arthur Loyd.
Laurent Lamatière se souvient qu'en 2009, au lendemain de la crise des subprimes, le bassin comptait près de 600.000 m2 de bâti disponible, soit dix fois plus qu'aujourd'hui. Conséquence pour l’instant : les projets XXL s’éloignent à l’image de celui du groupe PRD, basé à Pont-d’Ain. Un premier bâtiment de 75.000 m2 a été livré. Le groupe attend les autorisations pour la construction d'un deuxième immeuble de 50.000 m2.