Jet Aviation envisage la suppression de 200 postes à Bâle-Mulhouse

Invoquant les conséquences de la crise sanitaire, Jet Aviation proposera une reconversion à 50 de ses employés. Les représentants du personnel dénoncent la méthode employée.

Jet Aviation va supprimer environ 200 emplois sur son site à l'aéroport franco-suisse de Bâle-Mulhouse. La restructuration de l'entreprise d'aménagement intérieur d'avions se traduira par au moins 190 suppressions d'emplois, sur un sureffectif évalué à 240 personnes. "C'est avec regret qu'en rapport avec les mesures de réorganisation, jusqu'à 240 employés seront en excédent", précise la direction dans un message interne. "Jusqu'à 50" collaborateurs recevront une offre de reconversion interne.
Jet Aviation emploie actuellement 1.200 personnes en grande majorité françaises à l'EuroAirport de Bâle-Mulhouse pour la transformation d'avions de ligne en avions à usage privé, pour de riches clients, notamment du Moyen-Orient. Filiale du groupe américain d'aéronautique de défense General Dynamics, l'entreprise avait annoncé en mai son intention de réduire ses effectifs, en invoquant les conséquences du Covid-19 sur le secteur aérien.

Activité en dents de scie

Mais elle avait évoqué cette restructuration en interne dès février, a toutefois rétorqué Jean-Luc Johanneck, président du Comité de défense des travailleurs frontaliers (CDTF) du Haut-Rhin. Son activité évolue "en dents de scie depuis plusieurs années", a-t-il rappelé.
Les "licenciements" seront effectifs d'ici à fin juin, a précisé le représentant. Selon lui, les propositions faites aux 50 salariés pour le maintien de leur emploi ne sont "pas acceptables", car elles consistent en un "avenant de contrat de travail en vue d'une requalification" synonyme en fait d'une "rétrogradation", par exemple du statut d'ingénieur à celui de technicien. En l'état, le plan de "licenciements" ne respecte pas les règles françaises en matière de plans sociaux, or "c'est le droit français qui s'applique" car l'aéroport est situé sur le territoire français, a souligné Jean-Luc Johanneck.