L’OTRE dénonce une situation "suicidaire" dans les ports

22/01/2020 Érick Demangeon

Au sein de France Logistique, l’Organisation des transporteurs routiers européens souhaite la levée des blocages dans les ports. Avec le retour à la normale, l’OTRE défend la mise en œuvre rapide de l’accord de transition énergétique et du Paquet mobilité européen.

L’espoir suscité par la réunion ministérielle sur les ports le 21 janvier a vite été "douché". En présence de Jean-Baptiste Djebbari et d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaires d’État aux Transports et à l’Économie, aucune réponse concrète n’a été apportée à France Logistique et aux représentants de la filière. Ces derniers demandaient le déblocage de ports et des mesures de soutien supplémentaires pour les entreprises pénalisées. Seule concession, les acteurs du secteur bénéficieront comme annoncé le 10 décembre "d’un remboursement accéléré de la TVA et de la TICPE" ainsi que "d’un report de charges fiscales et sociales".
Pour Aline Mesples, présidente de l’OTRE qui tenait sa cérémonie des vœux 2020 à Paris dans la foulée, cet immobilisme déçoit. "À l’heure où le mouvement social s’éteint ailleurs, les ports restent un fief de revendications. Leur blocage oblige les navires à escaler à l’étranger. Cette situation est suicidaire et risque d’enterrer les ports français pour longtemps au profit de ceux d’Italie, d’Espagne et du Benelux".

"Comment les ports, le ferroviaire et le rail-route vont-ils se relever de ce mouvement ?"

France Logistique évalue les pertes pour la filière à plusieurs dizaines de millions d’euros par jour. Sur une ligne identique, l’OTRE dénonce l’impact sur le chiffre d’affaires des TPE et PME du transport routier qu’elle représente : "Je ne sais pas comment les ports mais aussi le fret ferroviaire et le rail-route vont se relever de ce mouvement", déclare sa présidente.

Accord de transition énergétique

Convaincue que la reconquête des chargeurs prendra du temps, Aline Mesples fixe d’autres objectifs pour la nouvelle année. À commencer par "la signature prochaine de l’accord de transition énergétique entre les pouvoirs publics et les organisations du transport routier".
Celui-ci devrait contenir plusieurs engagements, dont "la stabilité fiscale sur les carburants jusqu’en 2022, l’étude d’une éco-contribution qui serait répercutée sur les chargeurs et d’une carte d’achat de carburant détaxé". Cette mesure aurait pour avantage de supprimer l’avance de trésorerie supportée aujourd’hui par les transporteurs.
Avec la recherche de nouvelles ressources pour financer le programme Eve d’ici fin 2020, l’OTRE annonce le lancement d’une première version de la plateforme d’échange des données environnementales prévue par ce dispositif au printemps. En parallèle, l'organisation se déclare favorable à l’action de l’État sur le terrain pour accélérer le déploiement de points d’avitaillement d’énergies alternatives au diesel.

État de droit à restaurer

Avec la refonte du congé de fin d’activité (CFA) pour les conducteurs routiers, l’année sera consacrée à finaliser le Paquet mobilité européen. "Il y a urgence face à la concurrence déloyale et à l’aggravation de certaines pratiques de transporteurs étrangers. Les interdictions de circuler le week-end ne sont plus respectées et l’incivisme sévit sur les aires de repos". Pour Aline Mesples, "les forces de l’ordre doivent reprendre la main".
L'année 2020 sera également placée sous le signe de la transition avec l’annonce d’un changement de présidence à la tête de l’OTRE lors de son prochain congrès national à Bordeaux cet automne.v