L’Union maritime 06 réclame un nouveau port pour Nice

André Gaillard, président de l’Union maritime 06 qui regroupe 50 professionnels dans 20 filières soit 600 emplois et 250 millions d'euros, adresse un argumentaire à la Métropole niçoise qui rouvre le dossier.

André Gaillard, chef de la station de pilotage de Nice-Cannes-Villefranche, vit au quotidien l’évolution des trafics notamment sur le port de commerce de Nice propriété de la Métropole et géré par la CCI Nice-Côte d’Azur. "Son insertion historique en cœur de ville avec impact sur les riverains, sa faible capacité d’accueil rend l’infrastructure obsolète pour le développement d’un trafic maritime qui sera dans quelques années la seule alternative crédible pour le désenclavement du territoire et sa logistique".
Il met en regard les opportunités économiques considérables que représente la croisière. "Si Nice avait un port capable d’accueillir à quai les grandes unités, la ville deviendrait tête de ligne pour nombre de compagnies en raison de la proximité d’un aéroport international et sa place au sein d’une région touristique. Les passagers qui transitent actuellement par l’aéroport de Nice vont embarquer à Savone, Toulon, Gênes, voire Marseille. Les grandes compagnies sont très intéressées et pourraient même comme en Italie cofinancer l’infrastructure. Pour la Corse, nous somme le port le plus proche, d’où des rotations plus économiques pour les cars ferries. Il est actuellement utilisé par des passagers d’Europe du Nord, via l’Italie ou l’axe Gap-Digne. Le trafic ciment, dont Nice est toujours le premier exportateur maritime en France, pourrait être fortement développé avec l’apport de cargos plus importants".

"Un port intelligent et multifonctions, multi-activités, multi-capacités"

Le port actuel est aussi inadapté pour assurer la logistique de plus d'1,2 million d'habitants. Il ne dispose que de 900 mètres de quais et ne peut accueillir des unités de plus de 190 mètres. Résultat, en 2019 tous les trafics (Corse, croisière, marchandise) sont en chute. Corsica Ferries a réduit de moitié son programme au départ de Nice, la compagnie Moby Line est partie, la croisière s’affiche en baisse 8 % (- 20 % sur la rade de Villefranche, base arrière de Nice), le trafic ciment a déjà diminué de moitié en sept ans. Autant dire que les recettes portuaires s’affichent en baisse de 20 à 30 % pour la CCI, gestionnaire.
Le port est inadapté pour les nouvelles générations de navires que ce soit car ferries ou croisières, qui seront également plus propres en utilisant le GNL. Ce qui condamne le port actuel à ne recevoir que les unités les plus polluantes. L’association a donc décidé d’appuyer la Métropole qui a fait part en décembre de son intention de relancer les études de faisabilité d’un nouveau port plus à l’ouest de la ville. Une décision liée à l’intégration de la place portuaire de Nice dans le GIE regroupant les ports de commerce français du littoral méditerranéen.
L’emplacement du futur port à proximité de l’aéroport bénéficiera d’une connexion directe avec l’aérien et le routier à proximité du futur Min et du parc d’activités logistique de Nice. Une situation idéale d’autant que le réseau tramway qui arrive à l’aéroport permettra de le desservir directement depuis le centre de Nice. Un atout pour la clientèle croisiériste notamment.
"Il faut en profiter pour créer un port intelligent et multifonctions, multi-activités, multi-capacités pour alléger le trafic routier sur l’A8 saturée. Prévoir par exemple le branchement des navires sur le réseau électrique local". Car selon l’Union, les futurs besoins logistiques du territoire ne pourront être assurés que par le maritime face à une A8 et une voie ferrée limitée dans leurs capacités de développement. Bref, l’union souhaite une vision à long terme pour une région qui doit trouver dans le transport maritime et la nouvelle infrastructure un nouveau moyen de transport tant pour les passagers vers la Corse ou en local, le fret au sens large (bien d’équipement, vivres, carburéacteurs pour l’aéroport, GNL pour les bateaux…) et l’accueil de la croisière avec des têtes de ligne.