L’activité du transport reprend avec peine en Auvergne-Rhône-Alpes

Après le confinement, l’activité reprend doucement dans la région. Malgré des aides locales, beaucoup d’entreprises se retrouvent en difficulté. Des actions sont organisées pour mobiliser l’État sur la question.

Elle était attendue : l’ouverture des bars et restaurants, le 2 juin, n’a pas totalement relancé l’activité du transport et de la logistique dans la région. "Le transport est branché dans l’économie, constate simplement Jacques Sorlin, délégué régional de la FNTR. Or, l’activité repart, mais tout doucement ".
Pour lui, les statistiques réalisées à l’échelle nationale par la FNTR s’appliquent peu, ou prou, à Auvergne-Rhône-Alpes. D’après leur enquête sur le transport routier de marchandises, publiée fin mai, 21 % des camions étaient toujours à l’arrêt, un chef d’entreprise sur deux avait peu confiance en l’avenir et un tiers de ces derniers envisageaient de réduire leurs effectifs.
Un triste constat que partage Jean-Christian Vialelles, délégué régional de TLF. "La rupture d’approvisionnement se ressent, les marchandises ne sont pas là ", constate-t-il. Rupture de la chaîne logistique, difficulté des entreprises liées à l’application des règles sanitaires… Il craint de vivre "trois mois d’août " suivant la reprise de l’économie bien que celle-ci "commence " petit à petit.

Mobiliser les pouvoirs publics

À l’échelle locale, la métropole de Lyon et la région ont lancé des aides aux entreprises pour relancer l’activité. En avril, la première avait adopté un plan d’urgence économique de 100 millions d’euros d’accompagnement aux entreprises. La région a annoncé une aide d’1 milliard pour relancer l’économie, dont le détail sera connu fin juin. Un appui insuffisant pour Jacques Sorlin qui demande des mesures à l’échelle nationale.
Dans ce cadre, la FNTR organise des actions. Durant le confinement, vingt députés et sénateurs de la région ont été contactés pour faire part des difficultés du secteur. La FNTR Auvergne-Rhône-Alpes a également sollicité, le 4 juin, un entretien avec le préfet de région pour évoquer des mesures d'aides possibles (carte carburant, report de la diminution du remboursement TICPE de 2 cents par litre, etc.).
Pour rappel, le secteur représente directement 60 000 emplois dans la région. D’après Jacques Sorlin, ce chiffre peut doubler si l’on considère les entreprises travaillant avec la filière transport (carrosserie, mécanique, etc.).