L'impact du Covid-19 diversement perçu chez les professionnels de Marseille-Fos

L'impact du Covid-19 sur la place portuaire de Marseille-Fos commence à se faire sentir au sein de certaines professions, après le mouvement social dû au projet de réforme des retraites. Si les pilotes maritimes ont déjà commencé à perdre du volume d'activité dans les deux bassins, les transitaires prévoient une réduction de trafic pour les semaines à venir.

Chez certains professionnels de la place portuaire marseillaise, dans les deux bassins du port phocéen, les effets du Covid-19 commencent à peser lourdement dans l'activité. Pour la Station de pilotage de Marseille-Fos, la suppression du trafic passagers dans le port phocéen représente une perte d'activité.

Jean-Philippe Salducci, président de la Station de pilotage de Marseille-Fos © Vincent Calabrèse
Jean-Philippe Salducci, son président, estime que "la perte du trafic de passagers sur la Corse et sur le Maghreb ainsi que la croisière représentent une baisse d'activité pour la profession dans les bassins Est".
Dans les bassins Ouest, il constate déjà des pertes financières en raison "de trafics que la profession n'opère plus à cause de la fermeture de sites industriels". Les baisses de recettes se chiffrent déjà à 20 %, estime-t-il. "Elles vont s'accroître chaque jour, lance-t-il. D'où la volonté des pilotes locaux de restructurer l'organisation".

"Construction des pilotines à l'arrêt"

Jean-Philippe Salducci souligne "la nécessité de créer du chômage partiel". Autre impact du Covid-2019 pour la profession, l'arrêt de la construction des pilotines.
Le président de la station compte aujourd'hui sur "le soutien de la tutelle qui répond aux inquiétudes" de la profession. Il souligne que celle-ci est aujourd'hui "en mode cellule de crise".

"Comment réduire les frais de stationnement et de surestaries ?"

Pour leur part, les transitaires de la place portuaire marseillaise estiment à ce jour continuer à avoir du volume à opérer puisque le Covid-19 survient juste après le mouvement de grève ayant perturbé Marseille-Fos comme les autres ports de France.

Stéphane Salvetat, président du STM © Vincent Calabrèse
Pour Stéphane Salvetat, le président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM), la profession n'a pas encore lieu de se plaindre puisque, au plan opérationnel, elle est face à autant de dossiers que d'habitude. Mais il redoute que "le nombre de conteneurs se réduise dans les semaines à venir".  Selon lui, il va falloir réfléchir alors à une question : "Comment diminuer les frais de stationnement et de surestaries ?"
À ses yeux, "on va être vite confrontés à des problèmes de congestion portuaire".  Stéphane Salvetat s'interroge pour les semaines à venir. Estimant que "le coronavirus touche tous les pays à des périodes différentes", il prévoit déjà que la Chine puis l'Italie se remettent tour à tour au travail.
Le président du STM ajoute que le chômage partiel n'a jamais été utilisé par la profession. Car, selon lui, la chaîne logistique sait s'adapter.

"Les transitaires ont peur d'être confrontés à de la congestion portuaire"

Enfin, à l'heure du confinement, il regrette que les compagnies maritimes n'aient toujours pas affiché de politique globale au plan documentaire. Il s'interroge sur le fait qu'il faille remettre encore des connaissements originaux à certaines compagnies alors que d'autres acceptent déjà les "e-BL" (connaissements électroniques).