L’innovation portuaire au service de la transition énergétique

20/11/2020 Étienne Berrier

La transition numérique est souvent l’alliée de la transition énergétique, comme le montrent de nombreux projets portuaires innovants mis en lumière par les assises des ports du futur.

Le deuxième webinaire de remplacement des assises des ports du futur, organisé par le Cerema, ayant eu pour thème la recherche portuaire, le troisième, qui s’est déroulé le 19 novembre 2020, s’est tout naturellement penché sur l’innovation. Il s’agissait de mettre en avant un certain nombre de projets concrets, dont certains issus des plus récentes recherche. Thématiques communes : la transition numérique et la transition écologique.

Parmi les projets présentés lors de ces assises sur les ports du futur concernant les ports maritimes, il y a celui conduit par Envea qui s’intéresse à la mesure de la qualité de l’air. Un sujet important pour les villes portuaires, qui voient d’un mauvais œil la pollution apportée par les navires à quai ou en navigation. "Les seules solutions existantes de mesure de la qualité de l’air sont situées sur les quais. Or, il est important de vérifier la qualité de l’air aussi dans les chenaux d’accès maritimes", insiste Jérôme Louat, responsable d’Envea pour l’Asie où les solutions de surveillance de la qualité de l’air ont été récemment testées dans des ports maritimes. Grâce à une très faible consommation d’énergie, les balises autonomes équipées de panneaux solaires peuvent par exemple être placées sur des bouées près desquelles passeront les navires entrant ou sortant du port. Envea espère mettre en œuvre sa solution dans des ports français.

Un port producteur de l’énergie qu’il consomme

La question de l’énergie dans les ports a également été au cœur des débats. "Le verdissement des ports est essentiellement une question énergétique qu’il faut traiter à différentes échelles, affirme Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur de l’économie maritime (Isemar). La mise à disposition de l’énergie, avec le courant de quai par exemple, mais aussi la production d’énergie qui peut avoir lieu sur le port, grâce à des panneaux voltaïques sur les entrepôts, la production d’hydrogène vert, ou encore l’exploitation des énergies marines renouvelables."

Pour ce qui est du volet de mise à disposition d’énergie, Haropa y travaille. Par exemple pour les bateaux  fluviaux de croisière en escale à Paris. Ceux-ci seront tous raccordés au réseau en 2023. Sur l’ensemble de l’axe Seine, 12 bornes électriques ont été installées par l'entremise d'une coopération entre Haropa et VNF. Et 70 bornes supplémentaires seront déployées grâce à d’importants financements européens. Quant à l’alimentation des bateaux naviguant dans le bief de Paris, où le passage à la propulsion électrique sera sans doute intervenu plus tôt qu’ailleurs, les besoins en puissance sont en cours d’évaluation par Haropa et Enedis sur la trentaine d’escales publiques. Une première phase d’installation aura lieu dès 2021, destinée à tester les solutions retenues. Et cela, avant un déploiement sur les escales les plus fréquentées en 2023. À plus long terme, la distribution d’hydrogène est aussi à l’étude.

Récupérer l'énergie des vagues

Toujours dans le domaine de l’énergie produite sur le port et consommée localement, la société Edeis a conçu un module autonome produisant de l’hydrogène utilisable pour toute application portuaire à partir d’un panneau solaire et de l’eau contenue dans l’air. La digue à énergie positive Dikwe, qui récupère l’énergie des vagues pour produire de l’électricité, a été présentée par le groupe Legendre. Parmi les autres innovations présentées, on peut encore citer le projet Sedinnove, de Haropa au Port de Rouen, pour le développement de la valorisation des sédiments de dragage.