LGV Rhin-Rhône : la branche Est refait surface

L’achèvement de la LGV Rhin-Rhône qui semblait abandonné revient dans les objectifs de l’État. Il faudra trouver 1 milliard d’euros.

L’achèvement de la LGV Rhin-Rhône semblait enterré, ou au mieux repoussé aux calendes grecques. Et voilà qu’il refait surface, un peu contre toute attente. Lors de l’examen du projet de loi LOM (loi d’orientation sur les mobilités) à l’Assemblée nationale, la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, a annoncé qu’elle rouvrirait les discussions pour sa réalisation en 2028. Jusqu’alors, celle-ci était envisagée au plus tôt en 2038, du fait qu'elle figurait dans les derniers rangs du rapport Duron. La nouvelle échéance serait en revanche cohérente avec la position de l’Union européenne qui a inscrit le projet dans les priorités à l’horizon 2030 de son programme RTE-T pour les réseaux de transport.
Les travaux visent à mettre à grande vitesse les portions de la branche Est (Dijon-Mulhouse) de la liaison qui ne l’avaient pas été à la mise en service de la ligne, fin 2011, pour un montant d’environ 1 milliard d’euros, soit 50 km répartis entre 15 km à l’ouest de Dijon et 35 km entre Belfort et Mulhouse. Seuls ces derniers semblent concernés par la dernière déclaration ministérielle. Jusqu’à présent, le gain de temps de 20 à 25 minutes entre le Territoire de Belfort et le Haut-Rhin avait été jugé trop faible pour rendre ces investissements prioritaires. En outre, la nouvelle portion de LGV libérerait des capacités pour le fret.

Satisfaction et prudence

Les instances militantes du projet mêlent satisfaction et prudence dans leurs réactions. L’association TransEurope TGV Rhin-Rhône-Méditerranée appelle à la réunion rapide du Conseil d’orientation des infrastructures pour l’inscription dans la programmation 2023-2028. "Il n’y a plus aucune raison de retarder le lancement de la mission de financement et des procédures", ajoute sa présidente, Marie-Guite Dufay, également à la tête du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. En Alsace, la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, espère la confirmation d’une "juste décision au regard des 80 millions d’euros" déjà engagés en acquisitions foncières, études techniques, etc. L’achèvement de la branche Est placerait Mulhouse "au cœur d’une étoile ferroviaire européenne de la grande vitesse", poursuit-elle. De même, à Strasbourg, le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, y voit l’opportunité d’"améliorer le positionnement de l’agglomération au sein des grands corridors européens" et de renforcer son accessibilité, condition de la défense de son siège du Parlement européen.